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Des divisions apparaissent entre la junte malienne et les dirigeants de l’opposition

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Les tensions se sont montées samedi entre la junte militaire malienne et l’opposition politique de longue date du pays après que les chefs du coup d’État n’aient pas invité des personnalités de l’opposition à un forum prévu sur l’avenir politique du pays.

La réunion a finalement été annulée et les dirigeants de la junte ont plutôt rencontré l’imam Mahmoud Dicko, un chef de l’opposition qui a exhorté vendredi la junte à accélérer la transition vers un régime civil afin que le pays d’Afrique de l’Ouest puisse éviter de nouvelles sanctions financières écrasantes.

«Je leur demande de faire partie de la solution et non d’un autre problème», a-t-il déclaré.

À peine une semaine plus tôt, la coalition d’opposition connue sous le nom de M5-RFP, qui comprend Dicko, avait publiquement soutenu le coup d’État, des milliers de leurs partisans étant descendus dans la rue après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keita par la junte. M5-RFP avait mené plusieurs mois de manifestations pour réclamer sa démission trois ans avant la fin de son dernier mandat.

Dans un communiqué vendredi soir, un dirigeant du M5-RFP a déclaré que l’alliance regrettait de ne pas avoir été invitée à participer aux discussions prévues samedi entre la junte et divers acteurs politiques.

“Le M5-RFP est et reste un acteur majeur dans ce changement souhaité et doit être à l’avant-garde dans la détermination de la structure de la transition”, a déclaré Choguel Maiga.

Le chemin du retour à la démocratie a été un point d’achoppement avec les chefs d’État ouest-africains, qui ont exhorté vendredi la junte à rétablir le régime civil d’ici un an. Mais la junte a proposé un calendrier de trois ans. Cela a conduit à l’échec des pourparlers et à davantage de menaces de sanctions.

Le bloc régional connu sous le nom de CEDEAO a déjà réduit les flux financiers vers le Mali, et les pays voisins ont fermé leurs frontières dans le but d’intensifier la pression sur les putschistes.

La communauté internationale a exprimé son inquiétude face au coup d’État, craignant que le vide politique ne permette aux extrémistes islamiques d’étendre leur portée. Un coup d’État similaire en 2012 a conduit les militants à dépasser les principales villes du nord où ils ont mis en œuvre leur interprétation stricte de la loi islamique, amputant les mains des personnes accusées de vol.

Une opération militaire dirigée par la France en 2013 a évincé les extrémistes du pouvoir, mais l’armée malienne et ses partenaires sont confrontés à une insurrection depuis lors.

On craint que le nouveau bouleversement politique n’érode les progrès réalisés dans la lutte pour stabiliser le Mali.

(AP)

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