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Le procureur de Paris ouvre une enquête après que le magazine dépeint un politicien noir comme un esclave

L’article du magazine Valeurs Actuelles, intitulé “Danièle Obono à l’ère de l’esclavage”, est un récit fictif du retour d’Obono dans l’Afrique du 18e siècle. Le magazine comprenait des illustrations représentant Obono avec des chaînes autour du cou.

La publication de l’article a provoqué une réaction immédiate et significative de la classe politique française.

“Suite à la publication le 27 août 2020 de l’article intitulé” Obono l’Africaine “dans le journal Valeurs Actuelles, le parquet de Paris a ouvert aujourd’hui une enquête sur l’accusation d’insultes racistes”, a indiqué le bureau dans un communiqué lundi.

L’enquête sera menée par une cellule de la direction régionale de la police judiciaire de Paris. Insulter racialement une personne est puni par la loi en France. Les personnes reconnues coupables de diffamation raciste sont punies d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an et d’une amende de 45 000 euros.

Obono, qui est d’origine franco-gabonaise, s’est rendue vendredi sur Twitter pour exprimer sa consternation face à ce qu’elle a qualifié de «merde raciste».

Obono a fait remarquer qu ‘”il semble que nous ne puissions plus rien dire”.

“Heureusement, nous pouvons encore écrire des trucs racistes dans un chiffon, illustrés par les images d’un député afro-français noir peint comme un esclave.”

Valeurs Actuelles a d’abord répondu aux propos d’Obono sur Twitter, en disant: “Merde raciste? C’est une histoire fictive mettant en scène les horreurs de l’esclavage organisées par les Africains au 18ème siècle.”

Alors que la controverse s’intensifiait, le rédacteur en chef adjoint du magazine, Tugdual Denis, s’est entretenu samedi avec la chaîne de télévision BFMTV.

Denis a déclaré que le magazine avait compris “l’accusation symbolique” de l’image représentant Obono, ajoutant qu’il lui avait “personnellement” présenté des excuses, en disant qu’il regrettait qu ‘”on aurait pu penser que nous sommes racistes”.

Denis a cependant défendu le but de l’histoire, affirmant qu’elle cherchait à montrer aux «destructeurs de l’histoire» qu’une traite négrière interafricaine existait en tandem avec celle européenne.

Obono est un membre de gauche de l’Assemblée nationale. De hauts responsables politiques français se sont rassemblés autour du législateur, dont le Premier ministre Jean Castex, qui a tweeté en faveur d’Obono, affirmant que l’article justifiait “une condamnation sans ambiguïté”.

Obono a déclaré samedi à BFMTV qu’elle avait également reçu un message de soutien du président Emmanuel Macron.

Martin Goillandeau de CNN a contribué à ce rapport.

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