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Un tribunal africain demande le rétablissement des droits de vote de l’ancien président ivoirien Gbagbo

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La Côte d’Ivoire devrait permettre à l’ancien président Laurent Gbagbo, qui s’est vu interdire de se présenter à l’élection présidentielle clé du mois prochain, de voter lors du scrutin, a déclaré vendredi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le tribunal, créé par des membres de l’Union africaine en 2004, a demandé à la Côte d’Ivoire de “prendre toutes les mesures nécessaires pour lever immédiatement tous les obstacles” empêchant l’inscription de Gbagbo sur la liste électorale.

La Côte d’Ivoire a retiré sa reconnaissance de la compétence de la Cour en avril de cette année.

Gbagbo, qui a été président de 2000 à 2010, n’est pas sur la liste électorale qui a été mise à jour cette année, et ne peut donc pas voter ni être candidat aux élections du 31 octobre.

Le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction de Côte d’Ivoire, a rejeté 40 des 44 demandes de contestation de l’élection, qui se déroule dans un contexte de tension extrême.

Parmi les interdits figurent Gbagbo, 75 ans, et l’ancien chef rebelle Guillaume Soro, 47 ans, qui ont tous deux joué un rôle clé dans la crise qui a ravagé le pays après des élections contestées en 2010.

Le tribunal ivoirien a toutefois accepté une demande du président Alassane Ouattara, 78 ans, qui cherche un troisième mandat malgré les critiques selon lesquelles cela contournait les limites constitutionnelles.

Gbagbo a été libéré sous condition par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye après avoir été innocenté en janvier 2019 de crimes contre l’humanité. Il vit à Bruxelles dans l’attente du résultat d’un appel contre la décision de la CPI.

‘Provocation’

Sa candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel au motif qu’il avait été condamné à 20 ans de prison par un tribunal ivoirien en novembre dernier pour le pillage de la succursale locale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest pendant la crise post-électorale.

La Cour africaine, basée à Arusha en Tanzanie, a également déclaré que la condamnation de Gbagbo ne devrait pas être incluse dans son casier judiciaire avant d’avoir eu le temps de rendre un jugement complet.

Le 15 septembre, la Cour africaine a rendu un verdict en faveur de Soro, affirmant que la Côte d’Ivoire devrait également «lever immédiatement tous les obstacles» l’empêchant de participer au scrutin.

Soro a fourni une aide militaire qui a permis à Ouattara d’arriver au pouvoir après une guerre civile qui a éclaté lorsque Gbagbo a refusé d’accepter la défaite aux élections de 2010.

Plus de 3 000 personnes sont mortes dans les combats.

Soro, qui vit aujourd’hui en France, s’est vu interdire de se présenter aux élections au motif d’une peine de 20 ans, également par contumace, pour détournement de fonds publics présumé, prononcée en avril.

Ouattara, a dénoncé les tentatives de Gbagbo et Soro de contester l’élection présidentielle comme de la “provocation” et a déclaré que l’un d’entre eux était derrière les barreaux.

“Soro, comme Gbagbo, a été exclu parce qu’il a un casier judiciaire”, a déclaré Ouattara au magazine français Paris Match.

“Chacun d’eux est parfaitement conscient que ses candidatures sont fondées sur la provocation … Guillaume Soro ne mérite pas d’être en campagne électorale mais en prison”, a-t-il déclaré.

“Ce jeune homme, ivre d’argent et de pouvoir, a tout simplement perdu la tête.”

(AFP)

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