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Exclusif: nous n’accepterions pas les frappes de drones américains au Kenya, prévient le président Kenyatta

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Dans une interview exclusive avec FRANCE 24 lors d’une visite officielle en France, le président kényan Uhuru Kenyatta a évoqué les principaux défis auxquels il est confronté. Interrogé sur la lutte contre le terrorisme, le dirigeant kényan a démenti les informations selon lesquelles l’armée américaine aurait demandé l’autorisation de mener des frappes de drones à l’intérieur du Kenya. Il a souligné que si une telle demande était faite, il la refuserait. Kenyatta a également abordé la pandémie de Covid-19, le développement économique du Kenya, ainsi qu’une tentative de dissoudre le parlement en raison d’un manque d’égalité des sexes.

Dans une interview exclusive avec FRANCE 24, le président kényan Uhuru Kenyatta a averti qu’il était trop tôt pour dire que le pire était passé concernant la pandémie de Covid-19. Il a dit qu’il avait ordonné un assouplissement des restrictions au Kenya parce que la tendance des infections s’améliorait, mais il a déclaré que les écoles resteraient fermées pour le moment et a refusé de donner une date pour leur réouverture.

Kenyatta a admis que l’économie du pays avait été touchée, mais a déclaré que le Kenya s’était mieux comporté que de nombreux pays et a ajouté qu’il était optimiste pour l’avenir de l’économie. Il a promis de ne rien négliger dans l’enquête sur une éventuelle utilisation abusive des fonds Covid-19 par la Kenya Medical Supplies Authority, soulignant que des enquêtes avaient été ouvertes et seraient poursuivies partout où elles pourraient mener.

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Le président a salué les accords commerciaux signés en France pour des projets d’infrastructure au Kenya, soulignant qu’ils seraient financés par le secteur privé et, à ce titre, n’ajouteraient plus de dette publique.

En ce qui concerne le terrorisme, Kenyatta a déclaré que la menace pesant sur son pays avait fortement diminué mais que le groupe islamiste somalien al Shabaab restait le principal danger. Il ne s’est pas engagé à fixer une date pour le retrait des troupes kényanes de la Somalie. Il a fermement démenti les informations selon lesquelles l’armée américaine aurait demandé l’autorisation de mener des frappes de drones à l’intérieur du Kenya. Il a souligné que si une telle demande était faite, il la refuserait.

Interrogé sur un avis émis par le juge en chef pour dissoudre le parlement parce que les mesures d’égalité des sexes n’avaient pas été promulguées, il a dit que la décision était maintenant devant les tribunaux, ajoutant que la dissolution du parlement n’était pas son intention.

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En ce qui concerne sa relation tendue avec le vice-président William Ruto, Kenyatta a averti que ce n’était pas le moment de faire campagne pour l’élection présidentielle de 2022, mais plutôt de travailler pour améliorer l’inclusivité en tendant la main à l’opposition. Il a déclaré qu’une telle décision ne visait pas à affaiblir son vice-président. Cependant, Kenyatta a refusé de s’engager à le soutenir en 2022, comme les deux hommes avaient accepté de le faire lorsqu’ils ont décidé de courir ensemble sur un billet commun en 2012.

Enfin, Kenyatta a déclaré qu’il ne chercherait pas à changer la constitution pour briguer un troisième mandat présidentiel et qu’il ne souhaitait pas rester au pouvoir, même si un poste de Premier ministre lui était créé à travers une réforme constitutionnelle actuellement à l’étude.

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