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Trois morts dans des centres saoudiens détenant des migrants éthiopiens: Amnesty

Les travailleurs de l’écurie attendent avec leurs effets personnels avant de monter à bord des bus de la police pour les transférer vers un centre d’expulsion à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 novembre 2013 [FAYEZ NURELDINE/AFP/Getty Images]

Les travailleurs de l’écurie attendent avec leurs effets personnels avant de monter à bord des bus de police pour les transférer vers un centre d’expulsion à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 novembre 2013 [FAYEZ NURELDINE/AFP/Getty Images]saoudien

Au moins trois détenus sont morts dans des installations saoudiennes abritant des milliers de migrants éthiopiens qui subissent une «cruauté inimaginable» pendant la pandémie de coronavirus, a déclaré Amnesty International dans un rapport vendredi.

Amnesty a appelé l’Arabie saoudite à libérer les migrants et à travailler avec les autorités éthiopiennes pour faciliter leur rapatriement.

«Des milliers de migrants éthiopiens, qui ont quitté leurs maisons à la recherche d’une vie meilleure, ont été confrontés à une cruauté inimaginable à chaque tournant», a déclaré la chercheuse d’Amnesty, Marie Forestier dans un communiqué.

«Nous exhortons les autorités saoudiennes à libérer immédiatement tous les migrants détenus arbitrairement et à améliorer considérablement les conditions de détention avant que d’autres vies ne soient perdues», a déclaré Forestier.

Les Éthiopiens ont longtemps considéré l’Arabie saoudite comme une échappatoire aux mauvaises perspectives économiques et à la répression étatique, dans l’espoir de trouver du travail alors qu’ils n’avaient pas de statut légal.

Jusqu’à un demi-million d’Éthiopiens se trouvaient en Arabie saoudite lorsque des responsables y ont lancé une répression contre les migrants illégaux en 2017, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU.

À partir de ce moment, environ 10 000 Éthiopiens en moyenne ont été expulsés chaque mois jusqu’au début de l’année, lorsque l’Éthiopie a demandé un moratoire en raison de la pandémie.

En août, le journal britannique The Telegraph a publié des entretiens avec des migrants ainsi que des photos et des séquences vidéo montrant des centres de détention insalubres où les sols étaient recouverts d’eaux usées provenant de toilettes bouchées, apportant une nouvelle attention au sort des migrants.

Le rapport d’Amnesty publié vendredi décrit des «cellules sales» qui font également office de toilettes où les migrants sont détenus 24 heures sur 24, parfois «enchaînés par deux».

Il a indiqué que deux migrants «ont rapporté avoir personnellement vu les cadavres de trois personnes – un éthiopien, un yéménite et un somalien – dans le centre d’Al-Dayer» dans la province du sud de Jizan.

«Cependant, toutes les personnes interrogées ont déclaré qu’elles connaissaient des personnes décédées en détention, et quatre personnes ont déclaré avoir elles-mêmes vu des corps», indique le rapport.

Tsion Teklu, ministre d’État au ministère éthiopien des Affaires étrangères, a déclaré à l’AFP en septembre que le nombre total de migrants éthiopiens dans les centres de détention saoudiens était de 16 000 plus tôt cette année, mais qu’il avait depuis diminué.

L’Éthiopie prévoyait de rapatrier 2000 migrants détenus d’ici la mi-octobre, a-t-elle déclaré.

Addis-Abeba semble veiller à ne pas contrarier Riyad, un investisseur clé et une source d’envois de fonds étrangers en Éthiopie.

Le mois dernier, trois migrants ont déclaré à l’AFP que des diplomates éthiopiens en visite avaient averti les migrants de cesser de dénoncer les conditions de détention.

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