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Le chef de l’opposition guinéenne revendique la victoire aux élections, avant les résultats officiels

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Le chef de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo a déclaré lundi, sans attendre les résultats officiels, qu’il avait remporté une élection présidentielle contre le sortant Alpha Condé, qui cherche un troisième mandat controversé.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Conakry, la capitale, un jour après le scrutin très disputé au premier tour, Diallo a déclaré qu’il était sorti “victorieux” malgré “des anomalies qui ont entaché le scrutin”.

“J’invite tous mes concitoyens amoureux de la paix et de la justice à rester vigilants et engagés pour défendre cette victoire démocratique”, a déclaré l’homme de 68 ans, vêtu d’une robe bleu ciel, depuis le siège de son parti.

À l’extérieur du bâtiment, des supporters en liesse ont scandé “Cellou, président”. Mais ailleurs dans la ville, les joyeuses célébrations des supporters se sont transformées en affrontements avec les forces de sécurité.

Trois “jeunes garçons” ont été abattus et plusieurs personnes blessées, a tweeté Diallo lundi soir. Un responsable gouvernemental a déclaré qu’il n’y avait “pas assez d’informations” pour commenter la question.

L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer indépendamment les décès. Les journalistes de l’AFP ont cependant vu plusieurs blessés dans une banlieue de Conakry, ainsi qu’une caserne incendiée par des manifestants.

Les troubles font suite à des mois de manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Condé, âgé de 82 ans, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, au cours duquel des dizaines de personnes ont été tuées.

Bien que le jour du scrutin ait été plutôt calme, la victoire électorale autoproclamée de Diallo a préparé le terrain pour une confrontation avec Condé.

Le gouvernement insiste sur le fait que le vote de dimanche a été juste et que l’autorité électorale officielle doit déclarer les résultats.

Le parti RPG de Condé a déclaré lundi dans un communiqué qu’il avait condamné “avec la plus grande fermeté la déclaration irresponsable et dangereuse” de Diallo. Il a appelé ses militants à rester calmes.

Bakary Mansare, vice-président de l’autorité électorale guinéenne, a également déclaré à l’AFP que la victoire autoproclamée de Diallo était “nulle et non avenue”.

“Ce n’est pas à un candidat ou à une personne de se proclamer vainqueur en dehors des organes définis par la loi”, a-t-il déclaré.

Les signes d’un conflit électoral imminent avaient déjà fait surface lors du vote, lorsque Diallo a déclaré aux journalistes que Condé pouvait “tricher” son chemin vers le pouvoir.

Les membres de l’opposition se méfient profondément de l’équité du scrutin, ainsi que de l’indépendance de l’autorité électorale guinéenne.

Douze candidats se disputent la présidence, mais Condé et Diallo sont en tête.

‘Le chaos’

Ousmane Gaoual Diallo, un cadre du parti UFDG de Diallo, a déclaré que les résultats des différents États de vote étaient publics, ce qui permettait aux propres observateurs du parti de procéder à un décompte.

“Si nous sommes les vainqueurs, nous défendrons notre victoire”, a-t-il déclaré. “Nous n’attendrons pas.”

Plus tôt lundi, le gouvernement guinéen a déclaré dans un communiqué que l’opposition “avait clairement l’intention de semer le chaos et de remettre en question les résultats réels qui sortiront des urnes”.

Une grande partie de la tension en Guinée est liée à la candidature controversée du président Condé pour un troisième mandat.

Il a fait adopter une nouvelle constitution en mars qui, selon lui, moderniserait le pays. Mais cela lui a également permis de contourner une limite de deux mandats pour les présidents, provoquant des manifestations de masse.

Après des décennies en tant que militant de l’opposition, Condé est devenu le premier président démocratiquement élu de Guinée en 2010 et a de nouveau gagné en 2015, mais les groupes de défense des droits de l’homme l’accusent maintenant de virer vers l’autoritarisme.

Diallo était autrefois Premier ministre sous le leader autoritaire Lansana Conte.

Il a défié en vain Condé en 2010 et 2015, lors d’élections dont les militants de son parti sont convaincus qu’ils ont été truqués.

Avant le début du dépouillement dimanche, les militants de Diallo ont déclaré que leurs observateurs avaient été obstrués dans les bureaux de vote et présumé bourrage des urnes.

Le Premier ministre Kassory Fofana a déclaré que la publication des résultats de l’opposition avant les résultats officiels revenait à verser “de l’huile sur le feu”.

Mansare, de l’autorité électorale, a déclaré que la Guinée devrait publier les résultats provisoires d’ici une semaine.

Deuxième tour

La campagne politique acrimonieuse de la Guinée a vu Condé et Diallo des insultes commerciales et a été marquée par des incidents violents dans certaines parties de l’ancienne colonie française.

Mais cela a également soulevé le spectre des conflits ethniques, Condé étant accusé d’exploiter les divisions à des fins électorales – une accusation qu’il nie.

La politique de la Guinée est principalement basée sur des lignes ethniques: la base du président est principalement de la communauté ethnique malinké et celle de Diallo du peuple peul.

Un deuxième tour de scrutin, si nécessaire, est prévu le 24 novembre.

(AFP)

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