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La police nigériane tue des manifestants qui défient le couvre-feu à Lagos, selon Amnesty

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Plusieurs manifestants ont été tués par les forces de sécurité nigérianes à Lagos mardi, a déclaré Amnesty International, après que des témoins ont rapporté que des hommes armés avaient ouvert le feu sur des manifestants qui défiaient un couvre-feu.

«Des gens ont été tués au péage (Lekki) par les forces de sécurité», a déclaré à l’AFP le porte-parole d’Amnesty International, Isa Sanusi, en référence à un site de protestation clé dans la ville.

Il a dit que le groupe de défense des droits “travaillait à vérifier combien”.

Des témoins ont déclaré à l’AFP que des coups de feu avaient été tirés sur la foule de plus de 1 000 manifestants pacifiques pour les disperser plusieurs heures après que les autorités aient déclaré un verrouillage illimité à Lagos face à la spirale des manifestations.

Les autorités nigérianes nient avoir ouvert le feu sur des manifestants à Lagos alors que des milliers de personnes se rassemblent à nouveau


“Nous étions tous assis, paisiblement, et ils ont éteint les lumières et les panneaux publicitaires, tout le monde s’est mis à crier”, a déclaré à l’AFP une manifestante appelée Toye, demandant que son nom complet ne soit pas utilisé.

“Ils sont venus vers nous, mais je ne sais pas de qui il s’agissait. Ils tiraient et tout le monde courait pour sauver sa vie.”

Un autre manifestant, Innocent, a déclaré qu’il aidait à transporter les blessés vers les hôpitaux voisins.

“Actuellement, j’ai deux personnes que je précipite dans ma voiture, une femme et un gars, qui sont dans des conditions très critiques”, a-t-il déclaré.

«J’ai déjà transporté deux personnes en urgence à l’hôpital. L’un a reçu une balle dans le dos et l’autre au ventre.

Des scènes de personnes retirant une balle de la blessure de quelqu’un et demandant de l’aide ont été diffusées dans une vidéo en direct par DJ Switch, un disc-jockey populaire, à 150000 téléspectateurs Instagram.

Auparavant, les manifestants provocants présents sur les lieux avaient chanté l’hymne national et se sont engagés à rester dans la rue malgré l’ordre de rester à la maison.

La colère suscitée par les abus commis par la brigade spéciale anti-vol (SRAS) détestée de la police a éclaté en manifestations généralisées il y a environ deux semaines qui ont attiré des milliers de personnes dans les rues.

Le gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a ordonné mardi la fermeture 24 heures sur 24 du vaste centre économique, affirmant que les manifestations avaient “dégénéré en monstre” alors que la violence avait éclaté dans une série de villes.

“Les criminels et les mécréants se cachent maintenant sous l’égide de ces manifestations pour déchaîner le chaos”, a-t-il écrit sur Twitter, insistant sur le fait que seuls les travailleurs essentiels devraient rester dans la rue.

“Nous n’allons pas regarder et permettre l’anarchie dans notre cher état.”

Alors que le ton se durcissait de la part des autorités, le chef de la police nigériane a ordonné le déploiement d’unités anti-émeute dans le pays.

“La force exercera désormais les pleins pouvoirs de la loi pour empêcher toute nouvelle atteinte à la vie et aux biens des citoyens”, indique un communiqué.

Des voyous sponsorisés

Jusqu’à mardi, 18 personnes étaient mortes lors des manifestations, des affrontements ayant été signalés entre des manifestants et des assaillants en civil.

Des groupes de défense des droits et des manifestants ont accusé «des voyous et des voyous parrainés» d’attaquer les rassemblements pacifiques et de chercher à discréditer le mouvement de protestation.

Des témoins ont déclaré à l’AFP qu’un poste de police avait été incendié mardi matin dans le quartier d’Orile Iganmu à Lagos. Ils ont déclaré que la police avait ouvert le feu sur des manifestants, blessant plusieurs d’entre eux.

Dans la capitale Abuja, les forces de sécurité ont violemment dispersé les foules au cours de la journée de mardi et une épaisse fumée noire était visible au-dessus de la ville.

La violence s’est également étendue à la plus grande ville du nord de Kano, alors que des centaines de personnes se déchaînaient, incendiant des véhicules et pillant des entreprises, selon un journaliste de l’AFP sur les lieux.

“La foule s’est approchée de l’école et a commencé à attaquer les parents qui étaient venus chercher leurs enfants”, a déclaré à l’AFP Sadiq Mohammed, un mécanicien automobile de 35 ans.

La police a déclaré que 12 suspects avaient également été arrêtés dans la ville du sud du Bénin dans le cadre d’attaques séparées contre deux installations de police.

Tinderbox

Le gouvernement a annoncé la mise au rebut de l’unité du SRAS et une série de réformes il y a plus d’une semaine, mais la tentative d’apaiser les manifestants a échoué.

Les responsables ont demandé que les manifestations soient suspendues pour donner aux autorités le temps de tenir leurs promesses.

Le Nigéria – où l’âge médian est de 18 ans – est une poudrière de profonds griefs économiques et sociaux.

On estime qu’environ la moitié de la population de 200 millions d’habitants vit dans l’extrême pauvreté et le chômage est répandu parmi les jeunes.

Le plus grand producteur de pétrole d’Afrique est actuellement confronté à une récession, la chute des prix du brut provoquée par la pandémie de coronavirus ayant mis à mal les finances publiques.

La Chambre de commerce de Lagos a déclaré dans un communiqué que les pertes économiques estimées au cours des 12 derniers jours étaient de 700 milliards de nairas (1,8 milliard de dollars, 1,5 milliard d’euros).

Mardi, le Sénat a appelé le président Muhammadu Buhari à s’adresser à la nation sur les manifestations “de toute urgence”.

(AFP)

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