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Les Ivoiriens se préparent pour les résultats du scrutin lors d’une élection présidentielle très disputée

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Les responsables ivoiriens ont compté les résultats dimanche après une élection présidentielle tendue marquée par un boycott de l’opposition et des affrontements qui ont tué au moins deux personnes suite à la candidature du président Alassane Ouattara pour un troisième mandat.

Des troubles épars, du matériel électoral vandalisé et certains bureaux de vote fermés ont été signalés principalement dans les bastions de l’opposition lors des élections de samedi, bien que Ouattara ait appelé au calme et que son parti s’attendait à une victoire.

Au moins deux personnes sont mortes dans des affrontements samedi dans le centre de Tiebissou et Oume, au nord-ouest d’Abidjan, a indiqué une source de sécurité, bien qu’un maire local de Tiebissou ait déclaré que quatre avaient été tués dans sa ville.

Au moins 30 personnes ont été tuées dans des affrontements avant le vote, ravivant les craintes d’une répétition de la crise post-électorale de la nation ouest-africaine de 2010-2011 lorsque 3000 personnes sont mortes après que le président de l’époque, Laurent Gbagbo, ait refusé d’accepter la défaite de Ouattara.

Samedi, les manifestations ont dégénéré en affrontements entre les communautés ethniques qui soutiennent des factions politiques rivales à Tiebissou, Oume, Yopougon, un quartier pauvre d’Abidjan, et dans la ville du centre-ouest de Gboguhe, selon des témoins.

Selon le bureau du maire de Tiebissou, membre du parti RHDP au pouvoir de Ouattara, certains des 27 blessés de la ville ont été blessés par balle et par couteau.

Les querelles politiques du pays sont souvent liées aux identités ethniques et aux loyautés régionales.

Des tensions ont éclaté en août après que Ouattara, au pouvoir pendant dix ans, ait annoncé qu’il se présenterait pour un troisième mandat, provoquant la colère des dirigeants de l’opposition qui l’ont qualifié de “coup d’État électoral” inconstitutionnel.

Le chef de l’opposition Henri Konan Bedie, dont la rivalité avec Ouattara a marqué la politique ivoirienne pendant trois décennies, a appelé au boycott et à une campagne de désobéissance civile pour arrêter ou perturber les élections.

Les bureaux de vote envoient des décomptes

“Le 31 octobre n’a pas été le déluge comme l’avaient prévu les dirigeants de l’opposition”, a déclaré Adama Bictogo, un haut responsable du parti au pouvoir, après les élections.

“La volonté populaire s’est exprimée et tout ce que l’opposition a fait pendant des mois a été de défendre l’idée de ne pas tenir d’élections”.

Les responsables électoraux ont jusqu’à cinq jours pour publier les résultats. Dimanche, les bureaux de vote envoyaient des décomptes à la commission électorale.

Les responsables électoraux ont déclaré que seulement 30 à 40 bureaux de vote sur plus de 22 000 dans tout le pays avaient été vandalisés. Mais ils n’ont pas dit combien de bureaux de vote ont été contraints de fermer.

Les bulletins de vote ne sont pas arrivés dans le fief de Bedie dans la ville centrale de Daoukro, par exemple, où de jeunes militants de l’opposition avaient bloqué des routes. Les résidents locaux ont déclaré que les bureaux de vote n’y étaient pas ouverts.

Samedi, les chefs de l’opposition ont qualifié l’élection d’échec et plusieurs personnalités de l’opposition, dont l’ancien chef rebelle en exil Guillaume Soro, ont annoncé qu’elles ne reconnaissaient plus Ouattara comme président.

“Le coup d’État électoral a été un échec. Le peuple ivoirien a réussi à mettre un terme à cette élection”, a déclaré le candidat de l’opposition Pascal Affi N’Guessan lors d’une conférence de presse à la résidence de Bedie.

Les partis d’opposition devaient tenir une conférence de presse dimanche à Abidjan pour annoncer leurs prochaines étapes.

Tester la région

Les élections ivoiriennes tendues sont un autre test pour une région où le Nigéria a été secoué par des manifestations généralisées, des soldats maliens ont évincé le président et des militants islamistes prennent pied.

Ouattara, 78 ans, avait déclaré après son deuxième mandat qu’il prévoyait de faire place à une nouvelle génération, mais la mort soudaine de son successeur choisi l’a incité à briguer un troisième mandat.

Le dirigeant ivoirien a déclaré qu’une décision de la Cour constitutionnelle avait approuvé son troisième mandat, lui permettant de réinitialiser la limite de deux mandats présidentiels du pays.

Bedie, 86 ans, et d’autres chefs de l’opposition avaient accusé la commission électorale et la cour constitutionnelle de favoriser le gouvernement, rendant un vote équitable impossible.

Les semaines qui ont précédé les élections ont vu des affrontements, principalement entre des groupes ethniques locaux proches de l’opposition et des communautés dioula considérées comme fidèles au président, lui-même musulman du nord.

Lorsque la Côte d’Ivoire est sortie d’une guerre civile après 2002, le pays a été divisé en deux, le nord tenu par les rebelles et le sud par les forces du président de l’époque Gbagbo.

Après des négociations, Ouattara a remporté une élection longtemps reportée en 2010 bien que Gbagbo ait refusé d’accepter la défaite. Suite aux batailles à Abidjan, les forces françaises sont intervenues pour aider les loyalistes de Ouattara à évincer l’ancien président.

(AFP)

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