News

Élection en Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara remporte le boycott

droit d’auteur d’imageAFP

légendeM. Ouattara remporte un troisième mandat controversé lors d’une élection marquée par des manifestations et des affrontements

Le président ivoirien Alassane Ouattara a remporté un troisième mandat controversé lors d’une élection boycottée par l’opposition.

Il a recueilli 94% des voix, remportant même 99% dans certaines de ses forteresses.

Le taux de participation a été estimé à près de 54%. Le résultat doit être confirmé par le Conseil constitutionnel.

Lundi, l’opposition ivoirienne a déclaré qu’elle était en train de créer un gouvernement de transition qui organiserait une nouvelle élection.

Les principaux candidats de l’opposition Pascal Affi N’Guessan et Henri Konan Bédié avaient exhorté leurs partisans à ne pas voter.

Ils ont obtenu respectivement 1% et 2%, tandis qu’un quatrième candidat, Kouadio Konan Bertin, a également obtenu 2%, selon les résultats officiels.

  • Vieillards, chocolat et élection amère de la Côte d’Ivoire

  • La politique des droits de l’homme en Côte d’Ivoire
  • Un petit guide sur la Côte d’Ivoire

Les personnalités de l’opposition affirment qu’il était illégal pour M. Ouattara de se présenter pour un troisième mandat car cela enfreignait les règles sur la limitation des mandats.

“Le maintien de M. Ouattara à la tête de l’Etat est susceptible d’entraîner une guerre civile”, a déclaré M N’guessan, ajoutant que l’opposition avait noté une vacance de pouvoir.

Mais les partisans du président contestent cela, citant un changement constitutionnel en 2016 qui, selon eux, signifie que son premier mandat n’a effectivement pas compté.

Son parti a mis en garde l’opposition contre toute «tentative de déstabilisation» du pays, qui se remet toujours d’une guerre civile déclenchée par une élection contestée en 2010.

Au moins 16 personnes ont été tuées depuis que les émeutes ont éclaté en août après que le président Ouattara eut annoncé qu’il se présenterait à nouveau après la mort soudaine de son successeur préféré.

Au moins neuf personnes ont été tuées lors du vote de samedi, rapporte l’agence de presse AFP.

Que s’est-il passé samedi?

L’élection a été entachée d’intimidation, de violence et de malversations électorales, a déclaré un groupe de défense à propos des conclusions du groupe électoral indépendant Indigo Côte d’Ivoire.

“Une élection est le moment où une société se rassemble pour vivre et vivre la démocratie, mais le contexte qui prévalait le jour du scrutin … montre qu’une grande partie de la population ivoirienne n’a pas vécu cette élection dans la paix”, PTI Advocacy Group dit dans un communiqué.

droit d’auteur d’imageAFP
légendeLa police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants à Abidjan

Il a ajouté qu’un nombre important d’électeurs avaient été privés de leur droit de vote parce que les bureaux de vote ne s’ouvraient pas, ajoutant que même les personnes qui pouvaient voter l’ont fait “dans un contexte de peur et d’anxiété”.

Il a indiqué que 23% des bureaux de vote n’avaient pas du tout ouvert en raison de menaces ou d’attaques, et que dans 5% des bureaux de vote, les observateurs avaient signalé des menaces ou des intimidations à l’encontre des responsables électoraux.

droit d’auteur d’imageAFP
légendeLes principales personnalités de l’opposition exhortent les manifestations de masse à bloquer ce qu’elles décrivent comme une “dictature”

Plusieurs bureaux de vote ont été saccagés dans les bastions de l’opposition samedi et le matériel électoral a été incendié.

Dans la ville orientale de Daoukro, les manifestants ont érigé des barrages routiers. Pendant ce temps, des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour repousser les manifestants qui se sont rassemblés près de l’endroit où le président a voté dans la ville principale, Abidjan.

Que disent les autorités?

Le chef de la commission électorale a qualifié samedi les troubles de “minimes”, affirmant qu’ils “n’ont touché que 50 bureaux de vote sur 22 381”.

Quelque 35 000 agents de sécurité ont été déployés à travers le pays pour transporter le matériel électoral et assurer la sécurité, a déclaré le ministre de la Sécurité.

droit d’auteur d’imageEPA
légendeLe président Ouattara avait promis de démissionner après ses deux mandats

Après avoir voté samedi à Abidjan, M. Ouattara a appelé à la fin des manifestations.

“J’appelle ceux qui ont appelé à la désobéissance civile, qui a entraîné des pertes en vies humaines, à cesser”, a-t-il déclaré.

“Ils devraient s’arrêter parce que la Côte d’Ivoire a besoin de la paix, ce sont des actes criminels et nous espérons que tout cela pourra s’arrêter, pour qu’après les élections ce pays puisse continuer sur sa voie de progrès, dont il a bénéficié ces dernières années.”

Pourquoi l’élection a-t-elle été controversée?

Selon la constitution, la Côte d’Ivoire a une limite de deux mandats présidentiels. M. Ouattara – qui a été élu deux fois – a initialement déclaré qu’il se retirerait.

légende des médiasLa décision du président ivoirien Ouattara de se présenter a provoqué des protestations, tandis que l’opposition appelle au boycott.

Mais, en juillet, l’ancien candidat à la présidence du parti au pouvoir, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, est mort d’une crise cardiaque.

M. Ouattara a ensuite annoncé qu’il se présenterait après tout à la présidence.

Ses partisans ont fait valoir qu’un changement constitutionnel en 2016 avait réinitialisé le chronomètre et que son premier mandat ne comptait pas.

Ses opposants ne partagent pas ce point de vue, arguant au contraire qu’il est illégal pour M. Ouattara de briguer un troisième mandat.

Quel est le contexte de la tension?

Il y a eu une querelle de plusieurs décennies entre certaines des principales personnalités politiques du pays.

En 2010, Laurent Gbagbo, alors président, a refusé de céder à M. Ouattara suite aux élections de cette année-là. Cela a déclenché une guerre civile amère.

droit d’auteur d’imageAFP
légendeLe panneau d’affichage de la campagne de M. Ouattara appelle à l’unité en Côte d’Ivoire

Plus de 3 000 personnes ont été tuées au cours des cinq mois de violence.

M. Gbagbo s’est également présenté pour se présenter aux élections de cette année mais la commission électorale l’a bloqué parce qu’il avait été condamné par les tribunaux ivoiriens.

Il était l’un des près de 40 candidats potentiels qui ont été rejetés par la commission.

Qui étaient les candidats à la présidentielle?

  • Alassane Ouattara, 78, économiste. Est devenu président en 2011, servant son deuxième mandat après des années dans l’opposition.

    Parti: Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP)

  • Henri Konan Bédié, 86, politicien de carrière. A été président entre 1993 et ​​1999, déposé par coup d’État. Parti: Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PCDI)
  • Pascal Affi N’Guessan, 67 ans, politicien de carrière. A été Premier ministre entre 2000 et 2003 sous le président de l’époque, Laurent Gbagbo. Parti: faction du Front populaire ivoirien (FPI)
  • Kouadio Konan Bertin, 51 ans, politicien de carrière, connu sous le nom de KKB, était autrefois leader de la jeunesse dans l’ancien Parti démocratique de Côte d’Ivoire au pouvoir, est maintenant député. Candidat indépendant

Rubriques connexes

  • Côte d’Ivoire

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page