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Plus d’une douzaine de morts lors des manifestations en Ouganda suite à l’arrestation d’un chef de l’opposition

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Seize personnes ont été tuées au cours de deux jours de violents affrontements entre les forces de sécurité ougandaises et les partisans du chef de l’opposition détenu Bobi Wine, a déclaré la police jeudi, alors que les tensions se sont intensifiées deux mois avant une élection présidentielle.

Les forces de sécurité ougandaises ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des manifestants en colère qui ont incendié, barricadé des routes et pillé des magasins dans la capitale Kampala, alors que les appels au calme se multipliaient avant les élections du 14 janvier.

Le candidat de la pop star devenu présidentiel Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi, était toujours en détention après avoir été arrêté mercredi pour avoir prétendument violé les mesures relatives aux coronavirus lors de ses rassemblements, en raison des grandes foules présentes.

“Le bilan est désormais de 16 morts, avec 45 blessés, quelques blessés graves”, a déclaré à l’AFP le chef de la police de Kampala, Moses Kafeero, sans donner de détails sur les personnes tuées.

«Environ 350 personnes ont été arrêtées pour avoir participé à des actes de violence, notamment des pillages, des destructions de biens, des perturbations de la circulation, des vols et des vols lors des émeutes», a-t-il ajouté.

Les manifestations ont débuté mercredi, lorsque la police a annoncé que sept personnes avaient été tuées, après la détention de Wine avant un rassemblement. Wine est considéré comme le principal challenger du président vétéran Yoweri Museveni, qui cherche un sixième mandat au pouvoir.

Des poches de manifestations se sont poursuivies tout au long de la journée à Kampala et dans d’autres grandes villes, avec des jeunes barricadant les routes, allumant des incendies et se livrant à des batailles avec la police qui a lancé des gaz lacrymogènes et tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants et, dans certains cas, tiré à balles réelles.

Blessures par balle

La Croix-Rouge a déclaré mercredi soir qu’elle avait soigné des dizaines de blessés à la suite «d’échauffourées impliquant la police et les émeutes», dont 11 personnes pour blessures par balle.

Alors que l’armée et la police maintenaient une forte présence, dans la soirée, la situation s’était détériorée avec des vols et des magasins pillés.

Un journaliste de l’AFP a vu des hommes cagoulés arrêter des véhicules dans une banlieue de Kampala et voler des passagers avant que la police n’ouvre le feu sur les auteurs.

«Mon téléphone, mon argent et mon sac à main ont été emportés», a déclaré Flavia Namutebi, 42 ans, une femme d’affaires de Kampala qui se trouvait dans un taxi qui a été volé.

«Ils ont dit qu’ils voulaient de l’argent pour renflouer Bobi Wine», dit-elle.

Un autre homme identifié comme Ivan Kakawa, 29 ans, un vendeur de chaussures, a déclaré à l’AFP: «Les hommes m’ont battu et ont exigé que je leur donne de l’argent.

La justice ougandaise a publié un communiqué indiquant qu’un palais de justice de la ville centrale de Wobulenzi, à environ 40 kilomètres au nord de Kampala, avait été vandalisé par des manifestants.

L’ancien vs le nouveau

Wine, 38 ans, a longtemps été une épine du côté de Museveni, attirant un large public à travers des chansons pop accrocheuses sur la justice sociale et la corruption.

De nombreux jeunes Ougandais le considèrent comme leur champion dans un pays plongé dans la pauvreté et le chômage des jeunes.

Museveni, un ancien rebelle de 76 ans qui a pris le pouvoir en 1986, est l’un des plus anciens dirigeants d’Afrique.

Wine a été arrêté à plusieurs reprises – le plus récemment le 3 novembre après avoir déposé sa candidature aux élections – ses concerts sont systématiquement interdits et ses rassemblements publics interrompus par des gaz lacrymogènes.

A New York, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a appelé jeudi à la libération de Wine.

«Nous appelons à la libération immédiate des dirigeants de l’opposition détenus, y compris Bobi Wine, et il est important que les forces de sécurité agissent d’une manière qui respecte les principes des droits de l’homme et l’état de droit dans leurs relations avec les manifestants.

L’ambassade des États-Unis a publié un tweet dans laquelle elle déplorait les violences et exprimait sa sympathie aux victimes et à leurs familles.

«Nous exhortons toutes les parties à renoncer à la violence, à prendre des mesures de bonne foi pour réduire les tensions et à respecter les libertés fondamentales», a-t-il déclaré.

Patrick Oboi Amuriat, le candidat du Forum pour le changement démocratique, a également été arrêté mercredi mais a ensuite été libéré.

«Je peux dire que je ne suis plus dans les cellules de la police mais pas libre car la police peut m’arrêter à tout moment comme elle l’a fait», a-t-il déclaré à l’AFP.

Il a dit que son parti examinait s’il fallait ou non poursuivre sa campagne.

Deux autres candidats présidentiels, Henry Tumukunde et Gregory Mugisha Muntu, ont annulé leurs campagnes jusqu’à ce que le corps électoral ougandais prenne des mesures pour ce qu’ils ont appelé la brutalité policière contre les candidats de l’opposition.

Museveni n’a fait aucun commentaire immédiat sur les manifestations et a organisé un rassemblement dans la ville du nord-est de Karamoja.

(AFP)

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