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Le dirigeant du Tigray rejette l’ultimatum de l’Éthiopie et dit que son peuple est “ prêt à mourir ”

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Le dirigeant de la région dissidente éthiopienne du Tigray a déclaré que son peuple était “prêt à mourir” en défendant sa patrie, rejetant l’ultimatum du Premier ministre Abiy Ahmed selon lequel il se rendait dans les 72 heures.

Abiy a lancé une campagne militaire contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) le 4 novembre, l’accusant d’attaquer deux camps militaires fédéraux dans la région du nord, ainsi que de défier et de chercher à déstabiliser son gouvernement.

L’armée fédérale affirme que ses forces se trouvent à moins de 60 kilomètres (37 miles) de Mekele, la capitale tigréenne et siège du TPLF, avant la menace d’un bombardement total de la ville d’un demi-million d’habitants.

Abiy – lauréat du prix Nobel de la paix de l’année dernière – a appelé dimanche le TPLF à se rendre pacifiquement dans les trois jours, affirmant qu’ils étaient “à un point de non-retour”.

Mais le chef du TPLF Debretsion Gebremichael a déclaré qu’Abiy essayait de couvrir les revers que son armée avait subis contre les forces tigréennes et menaçait de gagner du temps.

“Il ne comprend pas qui nous sommes. Nous sommes des gens de principe et prêts à mourir pour défendre notre droit d’administrer notre région”, a déclaré lundi Debretsion à l’AFP via WhatsApp.

Une panne de courant dans la région a rendu les affirmations des deux côtés difficiles à vérifier.

Menace ‘sans pitié’

Le général de brigade Tesfaye Ayalew, cité lundi par Fana Broadcasting Corporate, affiliée à l’État, a déclaré que les troupes fédérales “entraient dans Mekele” après avoir capturé des villes clés au nord et au sud.

L’armée a menacé une attaque de chars «sans pitié» contre les dirigeants du TPLF à Mekele, avertissant les civils de partir tant qu’ils le peuvent encore, ce qui suscite des inquiétudes parmi les militants des droits.

«Traiter une ville entière comme une cible militaire serait non seulement (serait) illégal, mais cela pourrait également être considéré comme une forme de punition collective», a écrit sur Twitter Laetitia Bader, chercheuse à Human Rights Watch.

Abiy a exhorté les habitants de Mekele à se ranger du côté de l’armée nationale contre le TPLF, “en traduisant ce groupe traître en justice”.

Des centaines de personnes auraient été tuées en près de trois semaines de combats qui ont vu des avions de combat bombarder la région et des chars entrer dans la mêlée.

Amnesty International a également documenté un massacre horrible au cours duquel «des dizaines et probablement des centaines» de personnes ont été poignardées et tuées à mort dans la ville de Mai-Kadra, dans le sud-ouest du pays.

Plus de 40 000 Éthiopiens ont entre-temps fui vers l’ouest au Soudan et des roquettes ont frappé l’Érythrée vers le nord, faisant craindre que le conflit interne ne risque d’instabilité au-delà de ses frontières.

Le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra sa première réunion sur le conflit au Tigré, ont annoncé lundi soir des sources diplomatiques.

La réunion virtuelle de mardi ne sera pas ouverte au public, ont-ils déclaré, et il n’était pas encore clair si une déclaration serait publiée par la suite.

Attaque à la roquette

A Bahir Dar, la capitale de la région d’Amhara au sud du Tigré, deux témoins ont déclaré lundi à l’AFP que des roquettes avaient frappé la ville, la troisième fois qu’elle subit des bombardements depuis le début des combats.

“Trois roquettes sont tombées sur la ville près de la zone de l’aéroport. Nous ne sommes pas au courant des victimes ou des dommages”, a déclaré un témoin, qui a demandé à ne pas être nommé.

Il n’y a eu aucune réponse immédiate du gouvernement, ni aucune revendication de responsabilité.

Le TPLF a revendiqué la responsabilité des précédentes frappes de roquettes sur Bahir Dar et Gondar, une autre ville d’Amhara, ainsi que sur la capitale de l’Érythrée, Asmara.

Dans un communiqué dimanche soir, Abiy a accusé les forces tigréennes d’avoir détruit des infrastructures clés dans leur retraite des combats, notamment l’aéroport de la ville d’Axum et des écoles, des ponts, des centres médicaux et des routes.

Des images diffusées lundi par les autorités éthiopiennes ont montré ce qui semblait être de profondes entailles et des dommages au tarmac d’Axum.

Abiy a résisté à la pression internationale pour arrêter les combats, y compris de l’Union africaine (UA), décrivant la campagne comme une “opération de maintien de l’ordre” contre un “groupe traître” qui entre maintenant dans sa phase finale.

Redwan Hussein, porte-parole d’un comité éthiopien chargé du conflit, a déclaré que le gouvernement rencontrerait les envoyés envoyés par l’UA “par respect” mais a catégoriquement exclu toute discussion avec le TPLF.

“Les faits sur le terrain ont changé, et nous sommes arrivés à la toute fin”, a-t-il déclaré aux journalistes lundi.

Le TPLF a mené la lutte armée qui a renversé le régime brutal de Derg en 1991 et contrôlé la coalition qui a pris le pouvoir, dirigeant l’Éthiopie pendant près de trois décennies jusqu’à ce qu’Abiy soit nommé en 2018.

Depuis lors, les dirigeants tigréens se sont plaints d’avoir été injustement ciblés dans les poursuites pour corruption, démis de leurs fonctions supérieures et largement bouc émissaire des malheurs du pays.

(AFP)

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