News

Les rebelles s’emparent de la quatrième plus grande ville de la République centrafricaine cinq jours avant les élections nationales

Publié le:

Des rebelles en République centrafricaine se sont emparés mardi de Bambari, la quatrième plus grande ville du pays, alors que des affrontements ont éclaté sur une autoroute clé dans l’ouest du pays cinq jours avant les élections nationales, ont indiqué des sources à l’AFP.

Les attaques font suite aux accusations du gouvernement ce week-end selon lesquelles l’ancien président François Bozize cherchait à organiser un coup d’État avec des groupes armés avant les prochaines élections.

À la demande de la RCA, la Russie et le Rwanda ont envoyé du personnel militaire pour soutenir le pays en difficulté.

“La ville est sous le contrôle de groupes armés”, a déclaré le maire de Bambari, Abel Matchipata, tandis qu’un haut fonctionnaire du gouvernement confirmait “qu’ils sont dans la ville, nous attendons des renforts, qui sont en route”.

Bambari est situé à 380 kilomètres (240 miles) au nord-est de la capitale Bangui.

L’attaque, qui a débuté à 10 heures du matin, a déclenché une fusillade de deux heures avec les troupes centrafricaines et la force de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, ont indiqué des sources au sein d’ONG et de l’ONU.

“Il n’y a pas eu de violence envers les populations locales, mais ils ont saccagé le poste de police, la gendarmerie et les maisons des habitants”, a déclaré Matchipata.

Les sources ont déclaré que les rebelles étaient dirigés par un groupe armé appelé l’Unité pour la paix en Afrique centrale (UPC), l’une des milices contestant le gouvernement à l’approche des élections du 27 décembre.

Samedi, le gouvernement a accusé trois milices d’avancer le long des principales autoroutes vers Bangui. La MINUSCA a déclaré dimanche soir que l’avance avait été interrompue et dans certains endroits repoussée et que la situation était “sous contrôle”.

Mais des combats ont éclaté entre les groupes armés et les forces centrafricaines mardi après-midi sur une grande route de l’ouest du pays reliant Bangui au Cameroun, selon de hauts responsables de l’ONU.

Autoroute principale bloquée

Un convoi de camions commerciaux voyageant sous escorte de la MINUSCA a été bloqué sur la route par les forces armées centrafricaines, a constaté un journaliste de l’AFP.

La nouvelle a suscité la peur à Boali, à environ 60 kilomètres de la capitale et non loin des affrontements.

Des femmes et des enfants sont partis se réfugier dans la brousse à plusieurs kilomètres de là, selon les hommes restés dans la ville.

Quelques heures plus tard, plusieurs pick-up remplis de blessés sont arrivés à l’hôpital communautaire de Bangui, a vu un journaliste de l’AFP sur place.

La RCA est l’un des pays les plus pauvres et les plus instables du monde, ne connaissant que de rares moments de paix depuis son indépendance de la France en 1960.

Les élections présidentielles et législatives ont été saisies par les tensions entre le président Faustin-Archange Touadera et une mosaïque de groupes armés qui ont surgi après que le pays est entré en conflit en 2012.

Touadera est en tête du scrutin, mais son gouvernement ne domine qu’environ un tiers du pays.

La Russie a déclaré mardi qu’elle avait envoyé 300 instructeurs militaires en RCA à la demande de Bangui “pour former le personnel militaire de l’armée nationale” dans le cadre d’un accord de coopération existant.

Il avait précédemment déployé 175 instructeurs militaires en RCA, selon les chiffres officiels.

Le Kremlin mène une offensive diplomatique et financière en RCA depuis 2018 en échange de concessions aux entreprises russes pour exploiter ses richesses minières.

Appelle à la “ retenue ”

Le Rwanda a également envoyé “plusieurs centaines d’hommes” dans le cadre d’un accord bilatéral, a annoncé lundi le gouvernement centrafricain.

Le déploiement a été confirmé par le président rwandais Paul Kagame, bien qu’il n’ait pas donné de détails sur les chiffres.

Des milliers de personnes dans ce pays sans littoral sont décédées depuis 2012 et près d’un quart de la population de 4,7 millions d’habitants a fui leur foyer.

La procureure en chef de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a appelé mardi au calme et à la retenue avant les élections.

«Quiconque commet, ordonne, incite, encourage ou contribue, de toute autre manière, à la commission de crimes» serait passible de poursuites soit par les tribunaux de Bangui, soit par la CPI, a averti Bensouda.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page