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Des affrontements dans la région du Darfour au Soudan font des dizaines de morts

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Les dernières violences interethniques qui ont secoué la région agitée du Darfour au Soudan avaient tué près de 140 personnes lundi, ont déclaré des chefs tribaux quelques semaines à peine après la fin des opérations d’une mission de maintien de la paix.

Les affrontements ont fait 55 morts dans le sud du Darfour lundi, après qu’une autre série de violences dans l’ouest du Darfour aurait tué 83 personnes et déplacé des dizaines de milliers de personnes au cours du week-end.

Il s’agit de la pire violence signalée depuis la signature d’un accord de paix en octobre, dont les observateurs avaient espéré qu’il mettrait fin à des années de guerre.

L’effusion de sang, qui ne semblait impliquer aucun signataire de l’accord, est survenue un peu plus de deux semaines après que la force de maintien de la paix ONU / Union africaine, MINUAD, a mis fin à des années d’opérations.

Alors que les anciens rebelles se sont engagés à déposer les armes, des décennies de conflit ont laissé la vaste région appauvrie inondée d’armes et divisée par d’âpres rivalités sur la terre et l’eau.

Au Darfour Sud, des combats ont éclaté lundi matin entre la puissante tribu arabe Rizeigat et les Fallata, un peuple d’éleveurs de bétail et de chameaux dont les racines remontent aux Peuls d’Afrique occidentale.

«Les affrontements entre la tribu Rizeigat et la tribu Fallata ont tué 55 personnes et en ont blessé 37 autres», a déclaré à l’AFP le chef local des Fallata, Mohamed Saleh.

Saleh a déclaré que plusieurs maisons avaient été incendiées lors de l’attaque, qui semblait être une vengeance pour le meurtre par la tribu Fallata d’un membre de Rizeigat il y a environ une semaine.

Accord de paix “ déficient ”

Les combats au Sud-Darfour surviennent après qu’au moins 83 personnes ont été tuées dans des affrontements entre des groupes ethniques rivaux samedi et dimanche à El Geneina, la capitale de l’État du Darfour occidental.

Lundi, l’agence de presse SUNA a cité le gouverneur du Darfour occidental, affirmant que le nombre de morts n’avait pas encore été confirmé, car un nombre incalculable de corps restait sur les lieux des combats.

Le groupe humanitaire Save the Children a exhorté toutes les parties à déposer les armes «avant que la situation ne devienne incontrôlable».

Le directeur soudanais de l’association caritative Arshad Malik a déclaré que les blessés avaient submergé les centres de santé et que «nous avons vu des photos troublantes de blessés et de mourants sur les étages et les couloirs des hôpitaux».

Le groupe a averti que “de nombreux enfants auront été séparés de leurs parents et seront désormais menacés d’exploitation”.

Les autorités soudanaises ont déclaré avoir envoyé une délégation «de haut niveau» pour calmer les tensions.

Le vaste pays d’Afrique du Nord-Est connaît une transition fragile depuis l’éviction d’avril 2019 du président Omar el-Béchir à la suite de manifestations de masse contre son régime.

L’Association des professionnels soudanais, un groupe de coordination qui a dirigé les manifestations contre Bashir, a déclaré dimanche que la violence montrait les «lacunes» de l’accord de paix, affirmant qu’il n’avait pas réussi à s’attaquer aux causes profondes du conflit.

Bashir, qui est détenu et jugé à Khartoum, est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide et crimes de guerre présumés au Darfour.

‘Visage laid de la guerre’

Le Darfour a enduré un conflit acharné qui a éclaté en 2003, faisant environ 300 000 morts et 2,5 millions de personnes déplacées, selon l’ONU.

La guerre a éclaté lorsque les rebelles des minorités ethniques se sont soulevés contre le gouvernement à dominance arabe de Bashir, qui a répondu en recrutant et en armant une milice notoire à dominance arabe connue sous le nom de Janjaweed.

Le conflit principal s’est apaisé au fil des ans, mais des affrontements ethniques et tribaux éclatent encore périodiquement, opposant en grande partie les éleveurs arabes semi-nomades aux agriculteurs sédentaires.

Le 31 décembre, la force de la MINUAD a officiellement mis fin à ses 13 années d’opérations dans la région. Il prévoit le retrait progressif de ses quelque 8 000 personnels armés et civils d’ici six mois.

Craignant des violences meurtrières, les habitants du Darfour ont manifesté fin décembre contre le départ de la MINUAD.

Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a appelé les autorités soudanaises à «mettre fin aux combats».

«L’escalade de la violence intercommunautaire a entraîné des dizaines de morts et de blessés, le déplacement de près de 50 000 personnes et la destruction de biens», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, a averti que «le visage affreux de la guerre» pourrait revenir au Darfour et a appelé à plus d’aide et de protection.

«Le soutien international ne doit pas s’estomper», a tweeté Egeland.

Le gouvernement de transition du Soudan, un accord de partage du pouvoir entre généraux et civils, a signé un accord de paix avec des groupes rebelles dans les principales zones de conflit du Soudan, y compris le Darfour, en octobre.

Gibril Ibrahim, chef du mouvement rebelle Justice et égalité, a écrit sur Twitter que la violence au Darfour occidental était «une tragédie humaine».

Un autre chef rebelle, Mini Minawi, a appelé à la mise en œuvre de l’accord de paix appelé à la «réconciliation» entre les tribus du Darfour.

Deux groupes ont refusé de rejoindre l’accord de paix, le dernier d’une série d’accords, notamment la faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM) dirigée par Abdelwahid Nour, qui bénéficierait d’un soutien considérable au Darfour.

(AFP)

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