News

Un tribunal algérien confirme de lourdes peines de prison pour deux anciens premiers ministres

Publié le:

Un tribunal de la capitale algérienne a confirmé jeudi de lourdes peines de prison à l’encontre de deux anciens premiers ministres qui ont servi sous l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, a déclaré une source judiciaire.

Le jugement a confirmé des peines de 15 ans pour Ahmed Ouyahia et de 12 ans pour Abdelmalek Sellal qui avaient été prononcées à l’origine en décembre 2019, a indiqué la source.

Les deux hommes ont été condamnés dans un procès pour corruption centré sur le secteur automobile du pays et le financement secret d’une candidature avortée à la réélection de 2019 par Bouteflika, qui a démissionné en avril de cette année au milieu de manifestations de masse.

Les deux hommes ont été rejugés après que la Cour suprême eut annulé en novembre leurs condamnations antérieures à la suite d’un appel.

Lors du nouveau procès début janvier, Ouyahia a admis avoir reçu des lingots d’or de donateurs du Golfe puis les avoir vendus sur le marché noir, a rapporté l’agence de presse officielle algérienne.

Ouyahia a indiqué qu’il s’était précédemment gardé silencieux sur la question afin de “ne pas saper les relations entre l’Algérie et certains pays amis”.

Le scandale de l’automobile, dans lequel plusieurs hommes d’affaires ont également été condamnés, a coûté aux deniers publics environ 128 milliards de dinars (environ 1 milliard de dollars aujourd’hui).

Ouyahia a été Premier ministre quatre fois entre 1995 et 2019. Sellal a servi de 2012 à 2017 et a géré quatre des campagnes électorales de Bouteflika.

Le procès des deux anciens premiers ministres en décembre 2019 était le premier d’une série d’affaires de corruption très médiatisées lancées après la démission de Bouteflika après 20 ans à la tête.

C’était aussi la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie vis-à-vis de la France en 1962 que d’anciens Premiers ministres étaient traduits en justice.

Calcul de score?

Mais les observateurs estiment que les condamnations d’anciens personnalités politiques et d’hommes d’affaires depuis la démission de Bouteflika représentent plus un règlement de compte interne au sein de l’élite que le reflet d’une réforme significative.

Le mouvement de protestation qui a forcé sa démission a poursuivi ses manifestations longtemps après son départ du pouvoir, avant de finalement s’arrêter au début de l’année dernière en raison de la pandémie de coronavirus.

Un groupe de défense des droits des prisonniers affirme que plus de 90 personnes, y compris des militants, des utilisateurs des médias sociaux et des journalistes, sont actuellement en détention dans le cadre de ce mouvement.

Abdelmadjid Tebboune, un autre ancien Premier ministre sous Bouteflika, est devenu président fin 2019, lors d’un sondage boycotté par les manifestants. Les données officielles placent le taux de participation à environ 40% seulement.

Tebboune est actuellement hospitalisé en Allemagne, après avoir souffert de complications liées à son infection au coronavirus à la fin de l’année dernière.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page