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Macron rencontre les dirigeants du G5 Sahel au milieu de questions sur la stratégie de la France

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La France et cinq alliés se réunissent lundi pour discuter de l’insurrection djihadiste au Sahel, Paris recherchant un soutien lui permettant de réduire le nombre de troupes françaises dans la région déchirée par les conflits.

Les dirigeants du soi-disant G5 Sahel – Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger – doivent assister au sommet de deux jours dans la capitale tchadienne N’Djamena, en présence du président français Emmanuel Macron par vidéoconférence.

La réunion intervient un an après que la France a renforcé son déploiement au Sahel, cherchant à reprendre l’élan dans la bataille brutale et de longue date.

Mais malgré les succès militaires vantés, les djihadistes gardent le contrôle de vastes étendues de territoire et les attaques sont incessantes.

Six soldats de la paix de l’ONU ont été tués au Mali cette année seulement, et la France a perdu cinq soldats depuis décembre.

Les combattants islamistes du Sahel sont apparus pour la première fois dans le nord du Mali en 2012, lors d’une rébellion des séparatistes de l’ethnie touareg qui a ensuite été dépassée par les djihadistes.

La France est intervenue pour mettre en déroute les insurgés, mais les jihadistes se sont dispersés, emmenant leur campagne dans la poudrière ethnique du centre du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger.

Des milliers de soldats et de civils ont été tués, selon l’ONU, tandis que plus de deux millions de personnes ont fui leurs maisons.

Le bilan écrasant a alimenté la perception que les djihadistes ne peuvent pas être vaincus uniquement par des moyens militaires.

Jean-Hervé Jezequel, directeur Sahel du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), a déclaré à l’AFP que l’engagement militaire conventionnel n’avait pas réussi à porter un coup de grâce.

Les jihadistes “sont capables de tourner le dos, de contourner le système et de continuer”, a-t-il déclaré.

Mardi dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a appelé à une “poussée diplomatique, politique et de développement” pour répondre à la situation.

L’année dernière, la France a fait passer sa mission Barkhane au Sahel de 4 500 soldats à 5 100 soldats – une décision qui a précipité une série de succès militaires apparents.

Les forces françaises ont tué le chef du tristement célèbre Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, ainsi qu’un chef militaire du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.

Tirage au sort des troupes?

Mais les dernières attaques ont également porté à 50 le nombre de morts au combat français au Mali, ce qui a incité chez soi à s’interroger sur le coût et l’utilité de Barkhane.

Le mois dernier, Macron a ouvert la porte à un retrait, suggérant que la France pourrait «ajuster» son engagement militaire.

Malgré des rumeurs persistantes, la France ne devrait pas annoncer de retrait de troupes à N’Djamena.

Au contraire, pour alléger la charge, la France espère davantage de soutien militaire de ses partenaires européens à travers la Task Force Takuba qui assiste le Mali dans sa lutte contre les djihadistes.

Les armées du Sahel, pour leur part, ne parviennent pas à prendre le relais.

En 2017, les cinq pays ont lancé une force mise en commun prévue de 5000 hommes, mais celle-ci reste entravée par le manque de fonds, le mauvais équipement et une formation inadéquate.

Le Tchad, qui est réputé disposer des meilleures forces armées parmi les cinq, a promis il y a un an d’envoyer un bataillon au point d’éclair des «trois frontières» où convergent les frontières du Mali, du Niger et du Burkina. Le déploiement n’a toujours pas eu lieu.

Paris espère également que les succès de l’année dernière pourront renforcer la réforme politique dans les États du Sahel, où la faiblesse de la gouvernance a alimenté la frustration et l’instabilité.

Au Mali, épicentre de la crise sahélienne, des officiers de l’armée ont renversé le président Ibrahim Boubacar Keita en août dernier après des semaines de manifestations contre la corruption perçue et son échec à mettre fin au conflit djihadiste.

Le gouvernement intérimaire s’est engagé à réformer la constitution et à organiser des élections nationales, mais les critiques disent que le rythme du changement est lent.

Un accord régional de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes rebelles du nord a également à peine avancé, mais c’est l’une des rares options du pays pour échapper à la violence.

(AFP)

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