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Des milliers de personnes se rassemblent en Tunisie pour soutenir la pression du parti islamiste modéré pour un remaniement gouvernemental

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Le principal bloc parlementaire tunisien Ennahdha a rassemblé des milliers de personnes samedi pour une manifestation de soutien au gouvernement dans un bras de fer avec le président Kais Saied.

Les partis d’inspiration islamiste Ennahdha et libéral Qalb Tounes ont fait pression pour un remaniement du gouvernement par le Premier ministre Hichem Mechichi à la mi-janvier, présentant 11 nouveaux ministres.

Saied a vivement critiqué le remaniement – qui a été confirmé par le parlement – en disant qu’il n’avait pas été consulté et accusé que certains ministres étaient soupçonnés de corruption et de conflits d’intérêts.

Il a également refusé de confirmer les nouveaux ministres, notamment de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé, laissant le gouvernement paralysé, dans un pays déjà sous le choc des difficultés économiques et de la pandémie de coronavirus.

La manifestation de samedi dans la capitale Tunis a été réclamée par Ennahdha, et plusieurs manifestants ont déclaré s’être ralliés pour soutenir le parti islamiste modéré ainsi que pour l’unité et la démocratie.

“Nous avons un système parlementaire et ce n’est pas au président de décider qui gouvernera”, a déclaré le manifestant Mohamed Khlif, qui a voyagé depuis la ville côtière de Sfax pour prendre part au rassemblement.

“La démocratie et la constitution doivent être respectées”, a-t-il ajouté.

Autour de lui, des manifestants scandaient “le peuple veut l’unité nationale”.

Le chef d’Ennahdha Rached Ghannouchi s’est adressé aux manifestants samedi, appelant au dialogue et à l’unité entre les forces politiques.

Saied, un universitaire indépendant et expert en droit constitutionnel, a également fustigé la procédure de nomination des nouveaux ministres, affirmant qu’elle était inconstitutionnelle.

“Je ne renoncerai pas à mes principes. J’ai juré devant Dieu en mettant la main sur le Coran de respecter la constitution”, a déclaré Saied au début du mois.

La constitution tunisienne n’exige pas l’approbation parlementaire pour des remaniements réguliers.

Mais en l’absence de cour constitutionnelle en Tunisie, la crise politique dure depuis six semaines sans solution en vue pour apaiser les tensions entre le président, le parlement et le gouvernement.

>> Bilan de la démocratie tunisienne, 10 ans après la révolution

L’impasse politique survient alors que la Tunisie a été durement touchée par la pandémie de coronavirus et ses répercussions sociales et économiques.

Un rapport publié vendredi par le Fonds monétaire international a déclaré que “la crise du Covid-19 exacerbe les fragilités socio-économiques de la Tunisie” et “conduit à une récession économique sans précédent”.

Le FMI a appelé à des réformes urgentes pour réduire le déficit budgétaire, qui, selon lui, aurait atteint 11,5% du PIB en 2020.

Il a également formulé une série de recommandations, notamment pour limiter les subventions énergétiques et réduire la masse salariale.

(AFP)

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