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Des émeutes meurtrières se poursuivent au Sénégal après la détention d’un chef de l’opposition

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Le gouvernement sénégalais a promis vendredi d’utiliser “tous les moyens nécessaires” pour rétablir l’ordre après que la police a tiré des gaz lacrymogènes lors d’affrontements avec les partisans du chef de l’opposition Ousmane Sonko alors que le ministre de l’Intérieur avait déclaré que quatre personnes étaient décédées.

Les affrontements ont fait suite à une décision de justice selon laquelle Sonko serait détenu. Et après deux jours de manifestations, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exhorté toutes les parties à éviter toute nouvelle escalade de la violence.

“Les manifestations doivent rester pacifiques, et les forces de sécurité et de police doivent à tout moment opérer … conformément aux normes internationales des droits de l’homme”, a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric aux journalistes à New York.

“Le gouvernement regrette la perte de quatre vies” dans des événements “enracinés dans le banditisme et l’insurrection”, a déclaré vendredi à la télévision le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Abdoulaye Diome, accusant Sonko de “lancer des appels à la violence”.

Dans le quartier ouvrier de Dakar à Médine, des centaines de jeunes ont combattu dans des batailles de rue avec la police anti-émeute et la fumée s’est échappée de pneus en feu sur des barricades de fortune dans la capitale.

Les manifestants ont scandé “Free Sonko” sur l’avenue principale Blaise Diagne, le sol jonché de pierres, de cartouches de grenades et de débris en feu.

“Les manifestations doivent rester pacifiques, et les forces de sécurité et de police doivent à tout moment opérer … conformément aux normes internationales des droits de l’homme”, a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric aux journalistes à New York.

A Mbao, dans la périphérie de la ville, des pillards ont également saccagé un supermarché de la chaîne française Auchan, a indiqué un correspondant de l’AFP sur les lieux. La chaîne affirme qu’au moins 14 magasins ont été attaqués pendant les troubles de cette semaine.

Tensions élevées

L’arrestation de Sonko, populaire auprès des jeunes et considérée comme un challenger clé du président Macky Sall, a déclenché les pires troubles depuis des années dans un État ouest-africain souvent présenté comme un phare de stabilité.

Ses partisans avaient appelé à de nouvelles manifestations pour coïncider avec son audition devant un juge vendredi sur des accusations d’ordre troublant.

“Sonko a été remis en garde à vue pour cause de trouble à l’ordre public”, a déclaré l’avocat Etienne Ndione à la presse après l’audience.

Les tensions étaient vives dans la ville avec de lourds déploiements de policiers en place autour du palais de justice, du palais présidentiel et de l’Assemblée nationale au cœur de la ville.

Des affrontements ont éclaté mercredi entre les partisans de Sonko et la police alors qu’il se dirigeait vers le tribunal pour une autre affaire dans laquelle il faisait face à des accusations de viol – des allégations qu’il nie.

Sonko a ensuite été arrêté pour atteinte à l’ordre public, une évolution qui a déclenché des manifestations de colère dans la capitale et dans d’autres villes.

L’ordonnance de garde émise vendredi, qui concerne spécifiquement le dossier d’ordre public, expire dimanche.

Il n’a pas été inculpé vendredi dans l’affaire de viol et retourne au tribunal lundi pour avoir été interrogé sur ces accusations, ont déclaré ses avocats.

Médias ciblés

Une personne est décédée jeudi dans la ville méridionale de Bignona, a indiqué la police, lors d’affrontements. Il n’était pas clair si cette mort était incluse dans les quatre révélées par Abdoulaye Diome.

Des manifestants ont attaqué les bureaux du quotidien gouvernemental Le Soleil et la radio RFM, qui appartient à un groupe de presse appartenant au chanteur et ancien ministre Youssou Ndour. Les deux médias sont considérés comme pro-gouvernementaux.

Sonko, un musulman pieux âgé de 46 ans et chef du parti d’opposition Pastef, est populaire auprès de nombreux jeunes sénégalais en raison de ses attaques acerbes contre l’élite, en particulier le président Sall.

Il est arrivé troisième à Sall aux élections de 2019.

Mais son avenir politique a été soudainement assombri le mois dernier lorsque des accusations de viol ont été déposées contre lui par un employé d’un salon où, a-t-il dit, il est allé se faire masser le dos.

Il nie les accusations et accuse Sall d’avoir conspiré pour le mettre à l’écart de la politique.

Le gouvernement a mis en garde jeudi “certains médias” contre la poursuite de ce qu’il a appelé une couverture “tendancieuse” des événements.

Les autorités de régulation ont suspendu deux chaînes de télévision locales, Sen TV et Walf TV, pendant 72 heures, les accusant de diffuser sans relâche des images des troubles.

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé les autorités sénégalaises “à mettre immédiatement un terme aux arrestations arbitraires d’opposants et de militants, à respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression”.

Il a également exhorté les autorités à “faire la lumière sur la présence d’hommes armés de matraques à côté des forces de sécurité”.

Netblocks, une organisation qui surveille les perturbations d’Internet, a déclaré que les médias sociaux et les applications de messagerie, y compris Facebook, YouTube et WhatsApp, avaient été affectés par des restrictions.

(AFP)

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