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L’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz accusé de corruption

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Un juge de la capitale mauritanienne Nouakchott a inculpé jeudi l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz et une dizaine d’autres personnalités de corruption, à la suite d’une enquête sur son règne de dix ans.

Cette décision marque la dernière étape dans la chute d’Aziz, un ancien général qui a pris le pouvoir dans l’État saharien en 2008, qui a commencé lorsque les enquêteurs ont commencé à sonder ses affaires financières l’année dernière.

Suite à une demande du procureur de la République, le juge a également placé Aziz, l’un de ses gendres, deux anciens premiers ministres, cinq anciens ministres du gouvernement et quatre hommes d’affaires sous contrôle judiciaire, selon une source proche du dossier.

Mohameden Ould Icheddou, l’un des avocats d’Aziz, a confirmé l’information à l’AFP. Il a ajouté que son client avait refusé de répondre aux questions du juge, invoquant l’immunité constitutionnelle.

Aziz, 64 ans, a lancé un coup d’État militaire en 2008 et a servi deux mandats en tant que président avant d’être remplacé en août 2019 par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, son ancien bras droit et ancien ministre de la Défense.

Cependant, Ghazouani a tenu Aziz à distance depuis son arrivée au pouvoir.

L’année dernière, le parlement mauritanien a créé une commission chargée d’enquêter sur les soupçons de détournement de fonds sous Aziz.

Entre autres questions, l’enquête a porté sur la gestion des revenus pétroliers, la vente de biens d’État, la liquidation d’une entreprise publique de distribution de produits alimentaires et les activités d’une entreprise de pêche chinoise.

La police a ensuite détenu Aziz en août pour un interrogatoire sur l’affaire, avant de lui retirer son passeport.

L’ancien président a également refusé de répondre aux questions.

«Je suis victime d’un règlement de comptes anciens, mais je vais me défendre», a déclaré Aziz après sa libération de détention en août.

Après des mois d’enquête, Aziz a été convoqué mercredi à une audition avec le procureur de la République, qui a interrogé une trentaine de personnes prétendument impliquées avant de décider de demander des accusations pour une dizaine de personnes.

Les avocats de la défense d’Aziz ont déclaré que l’affaire consistait à «traîner tout un système et ses hommes devant la police et à salir leur honneur».

Le procureur Ahmedou Ould Abdallahi a déclaré qu’il n’avait pas demandé au juge de placer Aziz en garde à vue car le procès contre lui serait probablement long.

Abdallahi a ajouté que des liquidités et des actifs – y compris des entreprises, des appartements et des véhicules – d’une valeur équivalente à environ 96 millions d’euros (115 millions de dollars) avaient déjà été saisis dans le cadre de l’enquête.

Sur cette somme, l’équivalent d’environ 67 millions d’euros (80 millions de dollars) appartenait à l’un des suspects, que le procureur n’a pas nommé.

‘Haute trahison’

Aziz avait déjà ignoré un appel à témoigner avant l’enquête parlementaire sur sa corruption présumée début juillet.

Mais les députés mauritaniens ont rapidement approuvé une loi instituant une Haute Cour de justice qui serait habilitée à juger les présidents et les ministres en cas de «haute trahison».

Cependant, l’équipe juridique d’Aziz insiste sur le fait que la constitution protège l’ancien président des poursuites.

En août, l’enquête parlementaire a officiellement remis son rapport sur les affaires de l’ancien général au parquet.

Cette décision a entraîné un remaniement du gouvernement en Mauritanie, Ghazouani remplaçant quatre ministres dont les noms avaient fait surface dans l’enquête.

En décembre, Aziz a également perdu la direction du parti qu’il avait fondé, l’Union pour la République.

Une source proche du parquet, qui a refusé d’être nommée, a déclaré que la liste des charges retenues contre Aziz est longue, notamment pour blanchiment d’argent, détournement de fonds et obstruction à la justice.

(AFP)

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