News

Un groupe armé puissant en République centrafricaine promet de quitter la coalition rebelle

Publié le:

Le plus puissant des groupes armés centrafricains a déclaré lundi dans un communiqué qu’il quitterait une coalition rebelle visant à renverser le président Faustin Archange Touadera.

L’Unité pour la paix en Afrique centrale (UPC), principalement active dans l’est du pays, “s’engage à se retirer de la Coalition des patriotes pour le changement” (PCC), a écrit le chef du groupe, Ali Darassa.

La coalition est une alliance de certains des groupes armés les plus puissants du pays déchiré par la guerre, qui se sont réunis le 19 décembre pour accuser Touadera, le favori des élections du 27 décembre, d’essayer de fixer le vote.

Ses éléments étaient issus de milices qui, ensemble, contrôlaient les deux tiers du pays appauvri.

Touadera a été réélu avec à peine un électeur sur trois en mesure de voter parce que les groupes rebelles contrôlent la majeure partie du pays.

Darassa a déclaré lundi que depuis “la crise électorale, la population a terriblement souffert de l’insécurité, de la situation sanitaire, de la famine et du manque d’aide humanitaire”.

L’UPC, poursuit le communiqué, “réitère son attachement au processus de l’Accord de Khartoum”, un accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés.

Flambée de violence

Les tensions sont vives en République centrafricaine depuis les élections de décembre, bien que la flambée de violence de ces derniers mois ne soit que la dernière flambée d’une guerre civile qui dure depuis huit ans depuis l’éviction du président François Bozize.

Plus de 30 000 personnes ont fui le pays en raison de la violence entourant les élections, selon l’ONU, tandis que des dizaines de milliers d’autres ont été déplacées à l’intérieur du pays.

Le 13 janvier, les rebelles ont lancé deux attaques à la périphérie de la capitale – la première fois qu’ils frappaient si près de la ville depuis le début de leur offensive.

Mais leur offensive a sombré face aux forces gouvernementales soutenues par 12 000 soldats de la paix de l’ONU, des paramilitaires russes et des troupes rwandaises.

Depuis janvier, le gouvernement et ses alliés ont repris des villes autrefois détenues par des combattants de l’alliance des milices.

Bangui a accusé Bozize, maintenant à la tête du PCC, d’avoir tenté un coup d’État.

L’annonce de l’UPC est intervenue quelques jours à peine après qu’un autre groupe puissant du PCC a annoncé que son chef était mort des suites de blessures subies lors d’une attaque, un autre coup porté à l’alliance rebelle.

Sidiki Abass, responsable du retour, de la réclamation et de la réhabilitation (3R), est décédé le 25 mars, a annoncé vendredi le groupe rebelle.

Abass, de son vrai nom Bi Sidi Souleymane, est décédé à l’hôpital dans le nord du pays, a indiqué 3R dans un communiqué, ajoutant qu’il avait été “gravement blessé” lors d’attaques dans la ville de Bossembele le 16 novembre.

Le groupe 3R est composé en grande partie de l’ethnie peul, dont les membres sont traditionnellement des éleveurs nomades.

Le groupe d’Abass a par le passé été accusé de crimes de guerre et des sources judiciaires ont déclaré qu’il avait fait l’objet d’une enquête de la Cour pénale spéciale du pays, mise en place pour enquêter sur les graves violations des droits humains commises depuis 2003.

Riche en minéraux mais classée deuxième pays le plus pauvre du monde selon l’indice de développement humain, la RCA est chroniquement instable depuis son indépendance il y a 60 ans.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page