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Le Tchad se rend aux urnes avec le dirigeant vétéran Deby prêt pour un sixième mandat

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Le Tchad s’est dirigé vers les élections présidentielles dimanche avec Idriss Deby Itno, dirigeant des trois dernières décennies, prêt à remporter un sixième mandat.

Allié clé de la campagne anti-jihadiste de l’Occident au Sahel, Deby, 68 ans, est le favori d’une course à six candidats sans grands rivaux après une campagne au cours de laquelle les manifestations ont été interdites ou dispersées.

Faisant la queue pour voter dans la capitale N’Djamena, une vendeuse de 25 ans prénommée Bernadette a déclaré à l’AFP qu’elle votait pour Deby car “grâce à lui je suis libre de marcher où je veux, de jour comme de nuit, en toute sécurité”.

Les isoloirs et les urnes arrivaient progressivement dans la ville, de nombreux bureaux de vote visités par l’AFP n’ayant pas ouvert à l’heure.

La police et les soldats étaient en force à travers N’Djamena, avec des troupes d’élite de la Garde républicaine déployées au bureau de vote central où Deby lui-même devait voter, a déclaré un journaliste de l’AFP.

Le Tchad est aux prises avec la pauvreté et l’instabilité depuis son indépendance de la France en 1960.

Ancien rebelle et soldat de carrière qui a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1990, Deby a, à deux reprises, avec l’aide de la France, contrecarré les tentatives de l’évincer.

Parmi les autres candidats figurent Albert Pahimi Padacke, ancien Premier ministre sous Deby, et Felix Nialbe Romadoumngar – officiellement “chef de l’opposition” puisque son parti URD dispose de huit sièges à l’Assemblée nationale.

Lydie Beassemda, ancienne ministre de l’Agriculture, est la première femme à se présenter à la présidence de l’histoire du Tchad.

Elle lance sa campagne sur le fédéralisme, dans un pays où les rivalités ethniques sont courantes, et sur les droits des femmes, dans une culture où la domination patriarcale est enracinée.

Mais sept autres candidats ont été rejetés par la Cour suprême et trois se sont retirés, y compris le politicien de longue date de l’opposition Saleh Kebzabo, qui a démissionné pour protester contre les violences des forces de sécurité.

Soldats tués dans une embuscade au lac Tchad

Deby a fait campagne sur une promesse de paix et de sécurité dans une région qui a été secouée par les insurrections djihadistes.

Deux soldats tchadiens ont été tués jeudi dans une embuscade dans la région du lac Tchad, où des extrémistes islamistes s’attaquent de plus en plus aux civils et aux forces de sécurité, a déclaré dimanche à l’AFP le ministre des Communications Cherif Mahamat Zene.

Les résultats provisoires des élections sont prévus pour le 25 avril, les résultats définitifs étant attendus le 15 mai.

Avec Deby prêt pour la victoire, le point d’interrogation majeur est sur le taux de participation.

Deby a exhorté les électeurs lors de son dernier rassemblement vendredi à “se rendre massivement”, mais de nombreux habitants ont exprimé leur désintérêt pour une élection dont le résultat semble déjà certain.

Quelque 7,3 millions de personnes ont le droit de voter sur une population de 15 millions, mais les partis d’opposition les plus critiques ont exhorté les électeurs à boycotter l’élection.

Des marches de protestation hebdomadaires appelant à un transfert pacifique du pouvoir ont été interdites ou dispersées par la force.

Le 28 février, la police et les soldats ont mené un raid de type commando sur le domicile d’un candidat éminent, Yaya Dillo Djerou. Sa mère faisait partie d’au moins trois personnes tuées et il est maintenant en fuite.

Human Rights Watch, Amnesty International et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres font partie de ceux qui ont exprimé des critiques.

Nous regardons

Les Etats-Unis ont exhorté jeudi les superviseurs électoraux et les tribunaux tchadiens “à faire en sorte que ces élections se déroulent de manière libre, équitable et transparente”.

“Nous surveillerons dans les jours à venir”, a averti le porte-parole du département d’Etat américain Ned Price.

Deby a également bénéficié, comme précédemment, de divisions et de faiblesses au sein des rangs de l’opposition.

François Djekombe, président de l’opposition Union sacrée pour la République, a déclaré que les efforts de mobilisation du public avaient été affaiblis par des querelles internes, un leadership médiocre et des communications inadéquates.

“Reconnaissons humblement que nous avons échoué”, a-t-il déclaré avant le jour du scrutin. “Il est clair que les gens ne veulent pas de la révolte populaire que nous avons tenté d’imposer.”

Kelma Manatouma, experte du Tchad à l’Université de Paris-Nanterre, a déclaré que “avec les moyens considérables que Deby a mobilisés, il est certain qu’il gagnera”.

Le Tchad est un producteur de pétrole depuis 2003, mais il reste profondément pauvre.

En 2018, 42% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale. En 2020, le Tchad se classait 187e sur 189 pays sur l’indice de développement humain de l’ONU.

(AFP)

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