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L’Algérie arrête Karim Tabbou, figure de proue de l’opposition

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Le militant de l’opposition Karim Tabbou, figure clé du vaste mouvement de protestation qui a conduit à la démission du leader de longue date Abdelaziz Bouteflika, a été arrêté mercredi soir, selon son avocat.

L’homme de 47 ans a été condamné à un an de prison avec sursis l’année dernière. Il comparaîtra devant un procureur jeudi, a déclaré l’avocat Me Ali Fellah Benali sur les réseaux sociaux.

Tabbou a été convoqué mercredi au poste de police pour répondre à une plainte déposée contre lui par Bouzid Lazhari, le président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), un organe officiel.

“La jeunesse algérienne est déterminée à lutter pour son droit à une vie digne”, a-t-il déclaré à l’AFP avant sa détention.

Tabbou est devenu l’un des dirigeants les plus connus lors des manifestations de masse qui ont éclaté en février 2019 à propos des projets de Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

Les rassemblements, dirigés par le soi-disant mouvement Hirak, se sont poursuivis bien au-delà de la démission de Bouteflika en avril de cette année-là, et n’ont été suspendus que lorsque la pandémie de coronavirus a frappé.

Depuis le deuxième anniversaire du groupe en février, des milliers de personnes sont retournées dans la rue, défiant l’interdiction des rassemblements par les coronavirus.

Ils sont désormais “le plus grand parti politique” du pays, a déclaré Tabbou.

‘Mascarade’

Mais sa détention intervient alors que les militants mettent en garde contre un climat de répression croissant, avec des opposants politiques et des journalistes visés à l’approche des élections législatives de juin.

Plus tôt ce mois-ci, les forces de sécurité ont arrêté huit personnes qui, selon elles, étaient liées au mouvement Hirak pour une association criminelle prétendument financée par des fonds étrangers.

Le président Abdelmadjid Tebboune a mis en garde ce mois-ci les militants du Hirak contre les “activités non innocentes” qui “tentent d’entraver le processus démocratique”.

Il a convoqué des élections anticipées pour le 12 juin en réponse à la crise politique et socio-économique de l’Algérie, mais les partisans du Hirak ont ​​dénoncé le vote comme une “mascarade”.


Les autorités affirment que le mouvement est infiltré par des militants islamistes qui tentent de l’entraîner vers la violence.

Mais Tabbou a déclaré que les Algériens ordinaires en avaient tout simplement assez.

«Nous voyons le pays comme une caserne», a-t-il déclaré.

(FRANCE 24 avec AFP)

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