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L’armée tchadienne dans de nouveaux affrontements avec les rebelles, des centaines de personnes interrogées sur les manifestations

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Les troupes gouvernementales et les rebelles se sont affrontés jeudi dans une région de l’ouest du Tchad où feu le président Idriss Deby a été tué au début du mois, ont indiqué des responsables militaires, alors que les procureurs interrogeaient plusieurs centaines de manifestants arrêtés ces derniers jours.

Les combats dans la région désertique du Kanem, près de la frontière entre le Tchad et le Niger, opposent les rebelles basés en Libye aux forces fidèles à une nouvelle junte militaire dirigée par le fils de Deby.

Férocement critiqué pour son autoritarisme et ses inégalités, Deby était considéré comme un allié de confiance par de nombreux pays occidentaux, dont l’ancienne puissance coloniale, la France, en particulier dans la lutte contre le djihadisme dans la région du Sahel au sud du désert du Sahara.

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“Les combats se poursuivent au Kanem – nous allons continuer à nous battre, sinon ils nous déstabiliseront”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la junte, le général Azem Bermandoa Agouna.

Le soi-disant Conseil de transition militaire (CMT) est dirigé par Mahamat Idriss Deby, 37 ans.

L’armée a déclaré jeudi soir qu’un hélicoptère MI24 s’était écrasé en raison d’un défaut technique, mais n’a pas précisé s’il y avait eu des victimes. Les rebelles ont cependant déclaré qu’ils l’avaient “détruit”.

Pour l’instant, les combats contre le Front pour le changement et la concorde au Tchad (FACT), principalement de l’ethnie Goran, se poursuivent à environ 300 kilomètres au nord de la capitale N’Djaména.

Les rebelles ont menacé de marcher sur N’Djamena, où une équipe de l’Union africaine est arrivée jeudi pour évaluer la situation et examiner les moyens d’un retour rapide à un régime démocratique.

L’équipe restera au Tchad pendant une semaine.

Des sources de sécurité, sans donner plus de détails, ont déclaré que l’armée tchadienne avait bombardé des positions FACT.

Deby, 68 ans, est décédé le 19 avril des suites de blessures qu’il a subies en combattant les rebelles basés en Libye, selon les autorités.

Les insurgés avaient lancé une offensive dans la région du nord du Tibesti le 11 avril alors que les élections présidentielles se déroulaient.

Un soldat de carrière qui a pris le pouvoir en 1990 et l’a exercé sans pitié pendant 30 ans, Deby est décédé le jour où la commission électorale a confirmé qu’il avait remporté une victoire écrasante, selon les autorités.

Des centaines de personnes interrogées lors de manifestations

FACT est dirigé par Mahamat Mahadi Ali, un ancien insurgé qui vivait auparavant en France.

Le groupe a promis de poursuivre son offensive après une pause pour les funérailles de Deby le 23 avril.

Les experts estiment que FACT compte entre 1 500 et 2 000 combattants.

L’armée tchadienne a affirmé le 19 avril avoir tué 300 rebelles et capturé 246 autres, qui étaient emmenés dans la capitale N’Djamena pour y être jugés.

Les victimes militaires n’ont pas été rendues publiques.

Les forces armées ont récemment envoyé des renforts au Kanem, ont indiqué les forces de sécurité.

Dimanche, le Conseil de transition militaire a annoncé qu’il n’y aurait pas de “médiation ou négociation” avec FACT et a appelé le Niger à l’aider à capturer le chef du groupe.

La CMT a pris le relais le 20 avril, immédiatement après l’annonce de la mort de Deby, lorsque le parlement et le gouvernement ont été dissous.

Il a promis une période de transition de 18 mois avant des élections «libres et transparentes».

La France, ancienne puissance coloniale, a d’abord soutenu les autorités militaires de transition avant d’appeler à la formation d’un gouvernement d’unité civile face aux protestations contre l’apparent transfert dynastique du pouvoir.

>> Les défis à relever pour la France dans la navigation de la transition post-Deby au Tchad

Au moins six personnes sont mortes mardi lors de manifestations interdites contre le conseil militaire, selon les autorités, tandis qu’une ONG locale a fait état de neuf morts.

Les procureurs ont déclaré jeudi qu’ils interrogeaient plus de 700 personnes arrêtées lors des manifestations de mardi et mercredi.

Des dizaines de manifestants arrêtés ont été amenés jeudi dans des véhicules de police au tribunal de grande instance de la capitale depuis différents postes de police de la ville.

“Une majorité d’entre eux sont déjà passés par là et beaucoup ont été libérés”, a déclaré à l’AFP le procureur de N’Djamena, Youssouf Tom.

Lundi, la junte militaire a nommé Albert Pahimi Padacke au poste de Premier ministre de transition. Il a appelé à un effort national pour accélérer le retour à un régime civil.

(FRANCE 24 avec AFP)

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