News

Nigéria: survivre à Boko Haram – Reporters

Publié le:

L’État de Borno, dans le nord-est du Nigéria, est ravagé par un conflit meurtrier entre l’armée et les djihadistes de Boko Haram depuis plus d’une décennie. L’automne dernier, les autorités ont annoncé qu’elles voulaient fermer les camps de réfugiés de Borno, affirmant que l’insurrection était presque éradiquée. Cependant, ces derniers mois, des attaques meurtrières ont eu lieu à la périphérie de la capitale régionale Maiduguri. Notre équipe a rencontré quelques-uns des deux millions de personnes déplacées qui ont fui les combats.

Fatima, 26 ans, a été mariée de force à un commandant de Boko Haram. Elle l’a fait pour empêcher son fils d’être transformé en enfant soldat par la secte islamiste. Mais depuis lors, sa famille l’a reniée et l’a traitée de «femme de Boko Haram». Falmata, 50 ans, a vu Boko Haram mettre sa tête à prix simplement parce qu’elle était une femme d’affaires. Elle a à peine survécu, mais a tout perdu dans sa ville natale de Bama et ne sait pas comment elle va nourrir ses huit enfants. Quant à Mala, 70 ans, il a survécu à un récent massacre de paysans mais n’a pas osé retourner aux champs depuis.





Les histoires de ces personnes déplacées sont rares dans les médias occidentaux. L’État de Borno, dans le nord-est du Nigéria, et les pays voisins sont déchirés par l’insurrection islamiste depuis plus de 10 ans. Nous sommes la première équipe de tournage occidentale à filmer la ville martyre de Bama depuis que Boko Haram en a fait son califat éphémère en 2014. Libérée après sept mois, Bama ressemble maintenant à un «super camp», une ville de checkpoints et de barrages routiers. Les écoles, si détestées par les islamistes, ne sont plus vides. Mais la campagne reste sujette au racket et aux attaques des islamistes.

La pandémie Covid-19 et la situation sécuritaire ont contraint notre équipe à réinventer les méthodes de travail à distance, avec deux co-auteurs en France et le troisième au Nigeria. Nous avons filmé notre reportage pendant plusieurs semaines afin de pouvoir prendre le temps de parler à toutes nos personnes interviewées. Mais tout s’est déroulé dans un contexte de sécurité très instable: Maiduguri, la capitale régionale de Borno, a été frappée par une attaque deux jours seulement après que l’équipe a commencé son voyage de retour en France.

Ce rapport rare montre les absurdités d’une guerre sans fin et d’une situation apparemment désespérée, tout comme le gouvernement nigérian veut fermer les camps de réfugiés.

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page