News

La Cour constitutionnelle du Mali nomme le chef de la junte Goita nouveau président par intérim

Publié le:

La Cour constitutionnelle du Mali a nommé vendredi le colonel Assimi Goita, chef de la junte post-coup d’État, président de transition du pays.

Le jugement stipulait que Goita «exercerait les fonctions de président de transition pour mener le processus de transition à sa conclusion», après sa prise de pouvoir cette semaine.

La Cour constitutionnelle a déclaré qu’elle avait pris la décision en raison de la “vacance à la présidence” suite à la démission du président par intérim Bah Ndaw.

Les soldats ont arrêté Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane lundi, avant de les relâcher jeudi après leur démission.

Mais ces deux arrestations ont déclenché un tollé diplomatique – et ont marqué le deuxième coup d’État apparent en moins d’un an dans le pays instable.

Ndaw et Ouane avaient dirigé un gouvernement de transition chargé de diriger le retour à un régime civil après un coup d’État en août dernier qui a renversé le président élu du Mali, Ibrahim Boubacar Keita.

Keita a été expulsé par de jeunes officiers de l’armée, dirigés par Goita, à la suite de manifestations de masse contre la corruption perçue et son échec à réprimer une insurrection djihadiste sanglante.

Goita avait initialement été nommé vice-président avec d’autres postes clés attribués à des collègues officiers de l’armée.

‘Nous avons choisi la cohésion’

Plus tôt vendredi, Goita a expliqué que l’armée n’avait pas eu d’autre choix que d’intervenir.

“Nous avons dû choisir entre désordre et cohésion au sein des forces de défense et de sécurité et nous avons choisi la cohésion”, a-t-il déclaré.

Il a ajouté qu’un nouveau Premier ministre sera nommé dans quelques jours, dans ses premières remarques depuis la prise du pouvoir cette semaine.

L’officier de l’armée a fait cette annonce lors d’une réunion avec des personnalités politiques et de la société civile à Bamako, selon un journaliste de l’AFP, alors que la pression internationale augmentait sur l’administration militaire au pouvoir du pays.

“Dans les prochains jours, le Premier ministre qui sera nommé mènera une large consultation entre les différentes factions”, a déclaré Goita.

Il a demandé aux participants à la réunion de soutenir sa préférence pour un Premier ministre du mouvement d’opposition M5, un groupe autrefois puissant que l’armée a écarté après le coup d’État d’août.

“Soit nous acceptons de nous donner la main pour sauver notre pays, soit nous menons des guerres clandestines et nous échouerons tous”, a déclaré Goita.

Sommet de crise

Le gouvernement de transition – installé sous la menace de sanctions régionales – avait pour objectif déclaré de rétablir un régime civil complet dans les 18 mois.

La détention de Ndaw et Ouane est intervenue quelques heures après un remaniement gouvernemental qui aurait remplacé les ministres de la Défense et de la Sécurité, tous deux des officiers de l’armée qui avaient participé au putsch d’août.

Les troubles politiques au Mali ont inquiété les voisins du pays, qui ont conduit les efforts pour désamorcer la crise.

Des diplomates ont déclaré à l’AFP vendredi que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest discuterait dimanche de la situation à Accra, la capitale du Ghana.

Le bloc des 15 nations a également mis en garde contre la réimposition de sanctions contre le pays; tout comme les États-Unis et l’ancien maître colonial de la France.

On craint néanmoins que les sanctions ne déstabilisent davantage la nation de 19 millions de personnes frappée par la pauvreté, qui lutte contre une insurrection djihadiste brutale depuis 2012.

Plusieurs centaines de Maliens se sont rassemblés à Bamako au cours de la journée pour exprimer leur soutien aux colonels, beaucoup d’entre eux exprimant leur hostilité à la France et appelant à des liens plus solides avec la Russie.

Le ministère russe des Affaires étrangères, pour sa part, a salué vendredi la libération de Ndaw et Ouane, mais a pressé le Mali de tenir finalement des “élections démocratiques”.

‘Venir ensemble’

Goita veut nommer un membre du M5 au poste de Premier ministre, dans un mouvement qui, selon certains, pourrait soulager la pression sur l’armée.

Le M5 a été le fer de lance des manifestations contre Keita en 2020, mais a été exclu des postes clés de l’administration post-coup d’État dominée par l’armée.

Un rapprochement avec le groupe pourrait servir à adoucir les critiques nationales et étrangères de l’armée.

L’International Crisis Group a déclaré qu’un Premier ministre M5 pourrait dissiper les inquiétudes internationales.

Le M5 lui-même semble disposé à travailler avec l’armée.

Le porte-parole du groupe, Jeamille Bittar, a déclaré vendredi lors d’une conférence de presse que M5 proposerait l’un de ses cadres, Choguel Maiga, comme Premier ministre.

“Nous devons tous nous rassembler autour du nouveau gouvernement”, a-t-il déclaré.

À Bamako, il n’y a eu pratiquement aucune opposition au dernier jeu de pouvoir de l’armée. La plupart ont accepté avec lassitude son rôle en politique.

Certains l’ont même bien accueilli. Vendredi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir l’armée sur une place centrale de la ville, avec de nombreux portraits de Goita.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page