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Le Tchad accuse la République centrafricaine de “ crime de guerre ” après l’attaque d’un avant-poste

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Le gouvernement tchadien a accusé lundi la République centrafricaine d’avoir tué six de ses soldats lors d’une attaque contre un avant-poste dans le sud du pays, le qualifiant de “crime de guerre” qui “ne resterait pas impuni”.

“Les forces armées centrafricaines ont attaqué l’avant-poste de Sourou au Tchad dimanche matin … elles ont tué un soldat tchadien, en ont blessé cinq et en ont enlevé cinq autres qui ont ensuite été exécutées à Mbang du côté centrafricain”, a déclaré le ministre tchadien des Affaires étrangères Cherif Mahamat. Zene a déclaré dans un communiqué.

La République centrafricaine accuse régulièrement son voisin du nord de soutenir des groupes rebelles armés depuis l’intérieur du Tchad.

Les soldats centrafricains poursuivaient les rebelles de l’un des nombreux groupes armés opérant dans le pays de l’autre côté de la frontière, a déclaré à l’AFP un haut responsable de la sécurité tchadienne, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Les rebelles étaient membres de l’Unité pour la paix en Afrique centrale (UPC), l’un des groupes armés les plus puissants de RCA, qui fait partie d’une coalition cherchant à renverser le régime du président Faustin Archange Touadera, a déclaré le responsable.

Paramilitaires russes

Les autorités centrafricaines n’avaient pas encore répondu aux demandes de commentaires de l’AFP lundi matin.

L’avant-poste de Sourou près du village de Mbere, qui était tenu par 12 soldats, a été attaqué à l’aube, a déclaré Zene dans son communiqué.

Ce “crime de guerre est extrêmement grave et cette attaque meurtrière, qui a été pré-méditée, planifiée et opérée depuis l’intérieur du Tchad – pour des raisons connues uniquement du gouvernement centrafricain – ne restera pas impunie”, a-t-il ajouté.

Zene a déclaré que le Tchad “appellerait la communauté internationale à témoigner” de ce qu’il a qualifié de “grave agression”, notamment la force de maintien de la paix de l’ONU, forte de 12 000 hommes en RCA, la MINUSCA, ainsi que l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. (CEEAC).

La coalition anti-Touadera de six groupes rebelles détenait auparavant environ les deux tiers du territoire de la RCA.

Mais il a échoué dans sa tentative d’évincer le président, qui a été réélu fin décembre.

Les rebelles ont été expulsés des grandes villes ces derniers mois, en partie grâce au soutien de l’armée centrafricaine de centaines de combattants paramilitaires russes du groupe Wagner, une société militaire privée de l’ombre.

Règle de la junte

Le Tchad, quant à lui, est sous le régime de la junte depuis le 20 avril, lorsque l’armée a annoncé que le chef vétéran Idriss Deby Itno avait été tué à la tête des combattants rebelles tchadiens arrivant de Libye.

L’armée tchadienne est considérée comme la plus puissante de la région, et le gouvernement de Deby était un allié occidental clé dans la lutte contre les djihadistes dans le Sahel instable.

La junte qui a pris le relais depuis sa mort de choc a dissous le parlement et révoqué la constitution, tout en promettant des élections «libres et démocratiques» dans une période de transition de 18 mois qu’elle dit pouvoir renouveler une fois si nécessaire.

La France, ancienne puissance coloniale, et d’autres alliés occidentaux engagés dans la bataille contre les djihadistes du Sahel se sont largement abstenus de condamner ce que l’opposition tchadienne a qualifié de coup d’État.

Le fils de Deby, Mahamat, un général quatre étoiles, s’est déclaré président après la mort de son père, qui avait dirigé le Tchad d’une main de fer pendant trois décennies.

Le jeune Deby a nommé un gouvernement civil sous la pression internationale, mais son Conseil militaire de transition a largement conservé le pouvoir exécutif.

(AFP)

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