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Des centaines de manifestants à Bamako en soutien au mouvement d’opposition malien

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Les partisans du mouvement d’opposition malien M5 ont organisé un rassemblement vendredi, le groupe étant sur le point de rejoindre le gouvernement à la suite du deuxième coup d’État en neuf mois dans le pays en crise.

Plusieurs centaines de partisans du M5 se sont rassemblés sur une place centrale de la capitale Bamako, ont indiqué des journalistes de l’AFP, pour commémorer la fondation du mouvement, qui a alimenté les manifestations de masse l’année dernière.

Mais le rassemblement prévu de longue date a eu lieu après que l’homme fort le colonel Assimi Goita, qui a mené un coup d’État à la suite des manifestations, a renversé le président civil de transition et le Premier ministre le 24 mai.

Le deuxième putsch a déclenché un tollé diplomatique, poussant l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à suspendre le Mali.

La France a suspendu vendredi les opérations militaires conjointes avec les forces maliennes et a cessé de fournir des conseils militaires.

L’ancienne puissance coloniale a des milliers de soldats stationnés au Sahel pour aider à lutter contre les violences djihadistes qui ont éclaté au Mali en 2012 et menacent désormais la région.

“Le Mali doit chercher d’autres partenaires, la France n’est pas le seul pays au monde”, a déclaré Abdoulaye Cissé, un jeune membre de M5 lors de la manifestation.

Tout le monde n’était pas d’accord.

Le fonctionnaire Kalou Sow a déclaré que “le peuple malien devrait être reconnaissant envers la France”, mais a admis que “huit ans sans résultats, ce n’est pas facile”.

Les observateurs surveillaient de près le rassemblement de vendredi à la recherche d’indices sur l’orientation politique future du Mali.

Goita pourrait nommer une figure de premier plan du M5 comme son nouveau Premier ministre, une décision qui, selon certains, pourrait atténuer les critiques internationales du deuxième coup d’État.

Le colonel devrait être officiellement nommé président de transition du Mali lundi, ce qui ouvrirait la voie à la nomination d’un Premier ministre civil – une demande internationale clé.

‘Garanties’

Le ministère français de la Défense a déclaré que la suspension de sa coopération militaire était une “mesure conservatrice et temporaire” en attendant des “garanties” que l’armée au pouvoir organisera des élections en février 2022.

Les forces armées maliennes sont mal équipées dans leur combat contre les insurgés très mobiles.

Ils dépendent de manière cruciale de la puissance aérienne et de la surveillance assurées par la force Barkhane de 5 100 hommes.

La mission française dispose d’avions de combat et de drones sur une base près de Niamey, la capitale du Niger voisin, ainsi qu’un accès aux satellites militaires français et aux renseignements fournis par les alliés.

Le porte-parole de l’armée française, Frédéric Barbry, a déclaré à l’AFP que les troupes de Barkhane continueraient d’opérer au Mali mais que les opérations conjointes avec l’armée du pays ont été suspendues.

Cela s’applique également à la formation militaire et à l’alliance internationale des forces spéciales initiée par la France, connue sous le nom de Takuba, a ajouté Barby.

Un diplomate occidental, qui a requis l’anonymat, a déclaré que les troupes françaises ne quittent pratiquement plus leurs bases.

Les forces françaises continueront néanmoins de lancer des frappes aériennes contre les chefs djihadistes, a ajouté le diplomate.

La junte malienne n’a pas commenté la décision de la France.

Imam influent

Le 18 août de l’année dernière, Goita a conduit des officiers de l’armée à renverser le président élu Ibrahim Boubacar Keita, à la suite de manifestations de masse contre la corruption présumée et la sanglante insurrection djihadiste.

Le M5 avait été le fer de lance des manifestations contre Keita en 2020, mais a ensuite été mis à l’écart dans l’administration post-coup d’État dominée par l’armée.

Ce gouvernement de transition s’est engagé à réformer la constitution d’ici octobre et à organiser des élections en février de l’année prochaine.

Mais le M5 est devenu un critique virulent, qualifiant le gouvernement de transition de « régime militaire déguisé ».

Il y a cependant eu un rapprochement entre le groupe et l’armée depuis le coup d’État du 24 mai.

Goita a déclaré qu’il préférerait nommer une personnalité du M5 comme son Premier ministre et le groupe a présenté l’un de ses cadres, Choguel Maiga, comme candidat.

Mais ce choix a à son tour soulevé des questions sur l’avenir du Mali, notamment sur le rôle potentiel du chef religieux Mahmoud Dicko, proche de Maïga.

L’imam influent était considéré comme la figure de proue du M5 lors des manifestations anti-Keita, mais s’est ensuite éloigné du mouvement.

Maiga est également un critique virulent de l’accord de paix d’Alger de 2015, un accord précaire entre le gouvernement central et plusieurs groupes armés.

L’accord, qui n’a jamais été pleinement mis en œuvre, est considéré comme crucial pour mettre fin au conflit acharné au Mali.

S’exprimant vendredi, Maiga a promis que le Mali “respecterait nos engagements internationaux qui ne sont pas contraires aux intérêts fondamentaux du peuple malien”, ajoutant qu’aucun engagement international n’était “fondamentalement contraire aux intérêts du Mali”.

Il a déclaré aux manifestants de Bamako que le Mali avait besoin d’un coup de main de ses alliés mais que “les invectives, les sanctions, les menaces ne feront que compliquer la situation”.

(AFP)

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