News

Des centaines de camions humanitaires “ne sont pas revenus” de la région du Tigré en Ethiopie, selon l’ONU

Publié le:

Des centaines de camions humanitaires ne sont pas revenus de la région du Tigré en Éthiopie, touchée par la guerre, et leur disparition est “le principal obstacle” à l’intensification de la réponse humanitaire, ont déclaré vendredi les Nations Unies.

La divulgation du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU intervient au milieu des craintes croissantes de décès par famine au Tigré, où l’ONU a précédemment estimé que 400 000 personnes étaient confrontées à des conditions de famine.

Depuis le 12 juillet, 445 camions non-PAM sous contrat sont entrés dans le Tigré, mais seulement 38 sont revenus, a déclaré la porte-parole du PAM, Gemma Snowdon, dans un communiqué.

“Pour le moment, c’est le principal obstacle à l’acheminement de l’aide humanitaire vers le Tigré. Nous ne sommes pas en mesure de rassembler des convois de taille importante en raison du manque de camions”, a déclaré Snowdon.

“Nous continuons de travailler avec les transporteurs et les autorités locales du Tigré pour la libération des camions.”

Le PAM n’a aucune information sur l’endroit où se trouvent les camions ou à quoi ils servent, a déclaré Snowdon.

Le Tigré est en proie à un conflit depuis novembre, lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes pour renverser le parti au pouvoir régional, le Front populaire de libération du Tigré, une décision qui, selon lui, est intervenue en réponse aux attaques du TPLF contre les camps de l’armée.

Le lauréat du prix Nobel de la paix 2019 a promis une victoire rapide, mais le TPLF a repris une grande partie du Tigré, y compris sa capitale Mekele en juin et Abiy a ensuite déclaré un cessez-le-feu humanitaire.

“Blocage de fait”

Mais l’ONU affirme que le Tigré reste sous un “blocus de facto” et a mis en garde contre une “catastrophe imminente” alors que les combats se sont prolongés et se sont étendus aux régions voisines.

Les autorités éthiopiennes et les rebelles tigréens se sont mutuellement reprochés d’avoir entravé les convois humanitaires tentant d’atteindre le Tigré.

Un compte Twitter du gouvernement a évoqué jeudi “des soupçons selon lesquels le TPLF (est) en train de saisir des camions pour sa propre logistique”.

Mais le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a cité les obstacles rencontrés par les conducteurs lors de leur entrée dans le Tigré en provenance de la région voisine d’Afar, ajoutant qu’ils n’avaient “rien à voir” avec les responsables tigréens.

“Les chauffeurs de camions commandés par l’ONU se plaignent de la disponibilité du carburant, des problèmes (de sécurité), du harcèlement aux postes de contrôle, du blocage à Afar pendant des mois, etc”, a-t-il déclaré sur Twitter.

Un responsable humanitaire au Tigré, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré que de nombreux chauffeurs de camion étaient Tigréens et avaient été victimes de harcèlement à motivation ethnique aux postes de contrôle alors qu’ils se rendaient dans la région.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page