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Le ministre français de la Défense met le Mali en garde contre l’embauche d’une entreprise “mercenaire” russe

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Le ministre français de la Défense a averti le Mali que l’embauche de paramilitaires de la société de sécurité privée russe Wagner isolerait le pays au niveau international, lors d’une visite dans l’État du Sahel.

Florence Parly a déclaré lundi aux journalistes que si le Mali recrutait le cabinet, à un moment où les partenaires internationaux combattant le djihadisme au Sahel “n’avaient jamais été aussi nombreux, un tel choix serait celui de l’isolement”.

La rencontre de Parly avec son homologue malien, le colonel Sadio Camara, fait suite à un précédent avertissement adressé à Bamako par son ancienne puissance coloniale la semaine dernière, après des informations selon lesquelles le gouvernement malien dominé par l’armée était sur le point d’embaucher 1 000 paramilitaires Wagner.

L’entreprise russe est considérée comme proche du président russe Vladimir Poutine, et a été accusée d’avoir commis des abus.

Un responsable du ministère malien de la défense, qui a requis l’anonymat, a indiqué à l’AFP que Camara avait assuré à Parly qu’aucune décision n’avait été prise.

Le ministre a expliqué que “l’abandon” du Mali par la France signifiait que “tout devait être pris en compte pour sécuriser le pays”, a déclaré le responsable.

La France, qui a des milliers de soldats stationnés dans ce pays déchiré par la guerre, a promis un retrait majeur de ses troupes à travers le Sahel.

Parly a répondu que la France n’abandonnait pas le Mali, a ajouté le responsable.

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Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, s’exprimant après des entretiens entre les ministres européens des Affaires étrangères aux Nations Unies, a également mis en garde contre les relations commerciales avec le groupe Wagner, qui, selon lui, tentait d’étendre sa portée.

“Cela n’aiderait certainement pas nos relations avec le gouvernement malien”, a déclaré Borrell.

‘Mercenaires’

La visite de Parly fait suite à des mois de relations tendues entre la France et le Mali, exacerbées par deux coups d’État militaires en l’espace d’un an.

La France est préoccupée par l’engagement de l’homme fort militaire, le colonel Assimi Goita, à organiser des élections rapides pour ramener le Mali à un régime civil.

Le plan de Paris visant à réduire les effectifs de troupes à travers le Sahel, avec la fermeture de plusieurs bases de l’armée française dans le nord du Mali d’ici début 2022, est également une source de frictions.

Avant de rencontrer Camara lundi, Parly a déclaré aux journalistes : “Nous ne pourrons pas cohabiter avec des mercenaires”.

Les paramilitaires, les instructeurs de sécurité privée et les entreprises russes sont devenus de plus en plus influents en Afrique ces dernières années, en particulier en République centrafricaine (RCA) en proie au conflit, où les Nations Unies ont accusé les entrepreneurs de Wagner d’avoir commis des abus.

La semaine dernière, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a insisté sur le fait que tout partenariat entre le Mali et Wagner devait être “réalisé dans le plein respect des droits de l’homme”.

L’ONU compte 13 000 casques bleus au Mali.

L’Allemagne, qui a également des troupes dans le pays, a averti Bamako qu’elle reconsidérerait son déploiement si le gouvernement concluait un accord avec Wagner.

Troubles politiques

Déjà aux prises avec une insurrection djihadiste, le Mali a sombré dans la tourmente politique l’année dernière, culminant avec un coup d’État militaire en août 2020 contre le président Ibrahim Boubacar Keita.

Sous la menace de sanctions, l’armée a alors nommé un gouvernement civil intérimaire chargé de ramener le pays à un régime démocratique.

Mais Goita a renversé les dirigeants de ce gouvernement intérimaire en mai – lors d’un deuxième putsch – et a ensuite été déclaré président par intérim lui-même, attirant la condamnation internationale.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé ses réductions de troupes en juillet au lendemain du deuxième coup d’État.

Goita s’est engagé à respecter la date limite de février 2022 pour les élections civiles fixée par le précédent gouvernement intérimaire.

Mais l’insécurité généralisée au Mali, qui a laissé des pans du pays hors du contrôle du gouvernement, a jeté le doute sur le calendrier des réformes.

(AFP)

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