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L’Éthiopie mène des frappes aériennes “mortelles” contre la capitale de la région du Tigré

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L’armée éthiopienne a lancé lundi des frappes aériennes sur la capitale de la région du Tigré ravagée par la guerre, une escalade dramatique dans le conflit qui dure depuis un an.

Le gouvernement a d’abord rejeté les informations sur les bombardements sur Mekele comme un « mensonge absolu », mais les médias d’État ont par la suite confirmé que l’armée de l’air avait frappé les cibles du Front populaire de libération du Tigré (TPLF).

Un haut responsable du plus grand hôpital du Tigré a déclaré que trois personnes avaient été tuées, dont deux enfants.

Il s’agissait des premiers raids aériens sur Mekele depuis les premiers stades de la guerre dans le nord de l’Éthiopie, qui ont fait un nombre incalculable de morts et déclenché une profonde crise humanitaire.

Les bombardements, rapportés par des habitants, des responsables humanitaires et des diplomates, sont survenus alors que le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed semblait lancer une nouvelle offensive contre le TPLF, qui a dominé la politique nationale pendant près de trois décennies avant son arrivée au pouvoir en 2018.

L’agence de presse éthiopienne a déclaré que les raids avaient touché les médias et les équipements de communication utilisés par le TPLF, ajoutant que “les mesures visant à prévenir les pertes civiles lors des frappes aériennes ont été prises avec succès”.

Les Nations Unies et les États-Unis se sont alarmés de l’escalade de la violence.

Une grève, selon les sources, s’est produite près d’une usine de ciment à la périphérie de Mekele, la ville tenue par le TPLF depuis qu’elle a été reprise aux forces gouvernementales en juin.

Le second a touché le centre-ville près du Planet Hotel, souvent utilisé par de hauts responsables du TPLF, l’ancien parti au pouvoir de la région.

‘Loup qui pleur’

Un porte-parole du gouvernement a d’abord qualifié les rapports de mensonges concoctés par le TPLF « pour égarer la communauté internationale » et faire pression sur l’Éthiopie, le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique.

« Il n’y a aucune raison, ou aucun plan, de frapper des civils à Mekele, qui fait partie de l’Éthiopie et où vivent nos propres citoyens. C’est un mensonge absolu”, a déclaré à l’AFP Legesse Tulu, chef du service de communication du gouvernement.

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a accusé le TPLF de « crier au loup » et de tenter de dissimuler des attaques présumées contre des civils à Amhara et Afar, les régions voisines du Tigré où les combats se sont étendus.

Le Dr Hayelom Kebede, directeur de recherche à l’hôpital de référence Ayder de Mekele, a déclaré à l’AFP que “de nombreuses victimes” arrivaient dans l’établissement et que trois personnes, dont deux enfants, avaient été tuées.

Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a déclaré sur Twitter que les forces gouvernementales « perdaient gros » et que les assauts aériens étaient conçus pour infliger des pertes civiles en guise de vengeance, notant que lundi était jour de marché à Mekele.

Le chef de l’ONU, Antonio Guterres, était “profondément préoccupé” par l’escalade du conflit et a appelé toutes les parties à éviter de cibler les civils et à cesser les combats, a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric aux journalistes.

Le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a lancé une demande similaire.

“Nous exhortons toutes les parties à mettre immédiatement fin aux hostilités et au gouvernement éthiopien et au TPLF (…) d’entamer des négociations sans conditions préalables en vue d’un cessez-le-feu durable.”

Depuis le début des combats en novembre, près de deux millions de personnes ont été déplacées et de nombreux rapports font état d’atrocités, notamment de massacres et de viols en masse.

La guerre a également envenimé les relations entre l’Éthiopie et les puissances occidentales, dont les États-Unis, longtemps un allié crucial mais qui menacent désormais de sanctions.

« Briser le siège »

Les frappes aériennes ont eu lieu alors que le TPLF semblait se déplacer au sud du Tigré vers Dessie, une ville d’Amhara où des dizaines de milliers de personnes ont cherché refuge contre l’avancée des rebelles depuis juillet.

Un habitant a déclaré à l’AFP que Dessie avait été “inondée” de civils déplacés arrivant de Wuchale, qui se trouve au nord.

Legesse a déclaré que le TPLF avait utilisé ces derniers jours des armes lourdes sur Wuchale et a accusé les rebelles d’y avoir tué plus de 30 civils.

Ce week-end, Getachew a déclaré que les rebelles avaient pris Wuchale, une affirmation démentie par un responsable militaire d’Amhara.

Getachew a déclaré que les rebelles marcheraient jusqu’à Addis-Abeba si nécessaire.

« Si c’est ce qu’il faut pour briser le siège du Tigré, pourquoi pas ? a-t-il déclaré à l’AFP par SMS.

Les rebelles ont justifié leur poussée dans l’Afar et l’Amhara comme étant nécessaire pour empêcher les forces gouvernementales de se regrouper et pour briser ce qu’il décrit comme un siège humanitaire du Tigré.

Le conflit a éclaté en novembre après qu’Abiy a envoyé des troupes au Tigré pour renverser le TPLF.

Le lauréat du prix Nobel de la paix 2019, qui a prêté serment pour un nouveau mandat il y a à peine deux semaines, a déclaré que le déploiement intervenait en réponse aux attaques du TPLF contre les camps de l’armée.

(AFP)

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