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Les frappes aériennes en Éthiopie visent la capitale du Tigré pour la quatrième journée cette semaine

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L’Ethiopie a lancé vendredi des frappes aériennes sur la capitale de la région du Tigré, le quatrième jour cette semaine où la ville est attaquée, a déclaré à l’AFP une porte-parole du gouvernement.

L’opération de vendredi visait un centre d’entraînement utilisé par le groupe rebelle du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), a déclaré Billene Seyoum, ajoutant qu’il “servait également de plaque tournante du réseau de combat à l’organisation terroriste”.

Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed est enfermé dans une guerre de près d’un an contre le TPLF, bien que le Tigré lui-même ait connu peu de combats depuis fin juin, lorsque les rebelles ont pris le contrôle d’une grande partie de la région la plus septentrionale de l’Éthiopie et que l’armée s’est en grande partie retirée.

Lundi, l’armée de l’air éthiopienne a lancé deux frappes dans la capitale du Tigré, Mekele, qui, selon l’ONU, ont tué trois enfants et blessé plusieurs autres personnes.

Et mercredi, il a bombardé des caches d’armes du TPLF à Mekele et dans la ville d’Agbe, à environ 80 kilomètres (50 miles) à l’ouest.

Un responsable de l’hôpital a indiqué à l’AFP que la grève de mercredi à Mekele avait fait au moins huit blessés, dont une femme enceinte.

Une quatrième frappe à Mekele jeudi n’a fait aucune victime, selon les médecins et le TPLF.

Il n’y a pas eu de nouvelles immédiates sur les victimes vendredi, mais deux sources humanitaires ont déclaré qu’un vol de l’ONU à destination de Mekele avait été contraint de retourner à Addis-Abeba en raison des frappes.

La communauté internationale s’est alarmée de ces attaques.

Un porte-parole du département d’Etat américain a déclaré mercredi que Washington “condamne l’escalade continue de la violence, mettant les civils en danger”.

Les raids aériens interviennent au milieu des informations faisant état de violents combats dans la région d’Amhara au sud du Tigré, où le TPLF a lancé une offensive en juillet.

Mercredi, le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a affirmé sur Twitter que les combattants rebelles avaient pris le contrôle d’au moins deux nouvelles villes de la région, plaçant les villes de Kombolcha et de Dessie voisine – où des dizaines de milliers de personnes ont cherché refuge contre leur avance – “à l’intérieur portée d’artillerie”.

Une grande partie du nord de l’Éthiopie est soumise à un black-out des communications et l’accès des journalistes est restreint, ce qui rend les affirmations sur le champ de bataille difficiles à vérifier de manière indépendante.

Les habitants de Dessie ont signalé jeudi une forte présence militaire dans la région alors que les civils déplacés des villes touchées par le conflit plus au nord continuaient d’arriver.

Les malheurs de l’aide

Pendant ce temps, l’ONU a de nouveau tiré la sonnette d’alarme sur les conditions humanitaires désastreuses dans le Tigré, déclarant jeudi dans un rapport que certains groupes d’aide avaient été contraints de suspendre la distribution de nourriture par manque de carburant.

L’AFP a documenté des décès dus à la famine dans plusieurs parties de la région, citant des documents internes de groupes d’aide actifs là-bas.

L’ONU a déclaré la semaine dernière que le nombre de jeunes enfants hospitalisés en raison de malnutrition sévère entre février et août était le double du nombre enregistré au cours de la même période l’année dernière.

Quelque 2,5% des enfants dépistés ont reçu un diagnostic de malnutrition sévère au cours de la semaine dernière, a annoncé jeudi l’ONU, contre 2,3% la semaine précédente.

Le rapport de jeudi a également noté qu’au cours de la semaine se terminant le 13 octobre, seulement 52 000 personnes dans le Tigré ont reçu une aide alimentaire, soit un pour cent des 5,2 millions ciblés par les groupes d’aide.

“Pour atteindre 5,2 millions de personnes avec une aide alimentaire dans un cycle de six semaines, les partenaires devraient aider au moins 870 000 personnes en moyenne par semaine”, indique le rapport.

(AFP)

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