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Le parti tunisien Ennahda affirme que l’ancien ministre de la Justice a été « kidnappé » par les forces de sécurité

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Des officiers en civil dans la capitale tunisienne ont arrêté vendredi un haut responsable du parti Ennahdha qui a joué un rôle central dans la politique du pays jusqu’à la prise de pouvoir du président Kais Saied.

Le parti a condamné l’arrestation de Noureddine Bhiri, ancien ministre de la justice et vice-président de l’Ennahdha d’inspiration islamiste, comme un « précédent dangereux ».

“Des agents en civil dans deux voitures ont arrêté Noureddine Bhiri alors qu’il quittait son domicile avec sa femme” à Tunis, a indiqué à l’AFP Samir Dilou, avocat et ancien législateur.

La Tunisie a été la seule démocratie à émerger des révoltes du printemps arabe d’il y a une décennie, mais des groupes de la société civile et les opposants à Saied ont exprimé la crainte d’un retour à l’autoritarisme une décennie après la révolution qui a renversé le dictateur de longue date Zine El Abidine Ben Ali.

Saied le 25 juillet a limogé le gouvernement soutenu par Ennahdha et suspendu le parlement, se présentant comme l’ultime interprète de la constitution.

Il a ensuite pris des mesures pour gouverner par décret et, début décembre, a promis de poursuivre les réformes du système politique.

>>Des milliers de Tunisiens se mobilisent contre la prise de pouvoir présidentielle près de la suspension du parlement

L’ancien professeur de droit a annoncé une “consultation populaire” de 11 semaines pour produire “un projet de réformes constitutionnelles et autres” avant un référendum le 25 juillet prochain.

Ses opposants ont dénoncé un “coup d’Etat” et mis en garde contre ce qu’ils considèrent comme la volonté de Saied de régler ses comptes avec ceux qu’il a qualifiés d'”ennemis” mais ne nomme jamais.

Bhiri a été « arrêté brutalement et emmené vers une destination inconnue », a déclaré Dilou.

Les agents ont également saisi le téléphone portable de l’épouse de Bhiri, Saida Akremi, qui est avocate, a-t-il ajouté.

Aucune source officielle n’était disponible pour donner les raisons de l’arrestation.

Dans un communiqué, Ennahdha a déclaré que Bhiri était interrogé par les autorités et a dénoncé “un enlèvement et un dangereux précédent marquant l’entrée du pays dans un tunnel menant à la dictature”.

Ennahdha était le plus grand parti de la législature suspendue par Saied.

Mais les rivalités politiques avaient bloqué les nominations ministérielles et détourné les ressources de la lutte contre les problèmes économiques et sociaux croissants de la Tunisie, ce qui a conduit de nombreux habitants du pays à accueillir initialement la prise de pouvoir du président.

Dans son communiqué de vendredi, Ennahdha a dénoncé “la liquidation des opposants en dehors du cadre légal”.

Un tribunal tunisien a condamné la semaine dernière par contumace l’ex-président en exil Moncef Marzouki, un critique féroce de Saïed, à quatre ans de prison.

(AFP)

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