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Les Maliens manifestent en masse après que la junte appelle à manifester contre les sanctions

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Les Maliens sont descendus dans la rue par milliers vendredi, ont constaté des correspondants de l’AFP, après que la junte militaire a appelé à manifester contre les sanctions sévères imposées par le bloc ouest-africain de la CEDEAO suite au report des élections.

Dans la capitale Bamako, des milliers de personnes portant les couleurs nationales rouge, jaune et vert se sont rassemblées sur une place centrale pour un rassemblement organisé par le gouvernement militaire.

Une grande foule s’est également rassemblée dans la ville de Tombouctou, dans le nord du pays, ont rapporté des correspondants de l’AFP. Les médias sociaux ont également montré des manifestations de masse dans les villes de Kadiolo et Bougouni dans le sud.

Les dirigeants de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont convenu de sanctionner le Mali la semaine dernière, imposant un embargo commercial et fermant les frontières, dans une décision soutenue plus tard par la France, les États-Unis et l’Union européenne.

Cette décision fait suite à une proposition de la junte malienne de rester au pouvoir jusqu’à cinq ans avant d’organiser des élections – malgré les exigences internationales pour qu’elle respecte sa promesse d’organiser le vote en février.

La junte a qualifié les sanctions d'”extrêmes” et d'”inhumaines” et a appelé à des manifestations.

Le colonel Assimi Goita, qui a pris le pouvoir pour la première fois lors d’un coup d’État en août 2020, a également exhorté les Maliens à “défendre notre patrie”.

Vendredi, son bureau a déclaré que le gouvernement intérimaire avait élaboré un “plan de réponse” aux sanctions potentiellement paralysantes, sans préciser de détails.

Il a ajouté que le gouvernement restait ouvert au dialogue avec les institutions régionales et n’avait pas l’intention de se livrer à un “bras de fer”.

En plus de fermer les frontières et d’imposer un embargo commercial, les dirigeants de la CEDEAO ont également interrompu l’aide financière au Mali et gelé les avoirs du pays à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

Les sanctions menacent de nuire à une économie déjà vulnérable au Mali enclavé, l’un des pays les plus pauvres du monde.

Une insurrection djihadiste brutale fait également rage au Mali depuis 2012, des pans entiers du vaste territoire du pays échappant au contrôle du gouvernement.

‘Couper’

Le Mali commence déjà à ressentir les effets des sanctions. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air France, ont suspendu leurs vols vers Bamako.

Le pays risque également de manquer de liquidités. Kako Nubukpo, commissaire à l’Union économique et monétaire ouest-africaine, a déclaré qu’elle était “coupée du reste du monde”.

La France, l’ancien maître colonial du Mali, et les États-Unis ont tous deux déclaré leur soutien aux sanctions de la CEDEAO.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrel, a déclaré jeudi que Bruxelles suivrait la CEDEAO en prenant des mesures contre le Mali au sujet des élections retardées.

Le même jour, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré qu’il était “absolument essentiel que le gouvernement du Mali présente un calendrier électoral acceptable”.

Malgré la pression internationale, de nombreux Maliens se sont ralliés à la junte militaire, les messages nationalistes inondant les réseaux sociaux.

Les relations du Mali avec ses voisins et partenaires se sont régulièrement détériorées depuis un coup d’État mené par Goita en août 2020 contre le président Ibrahim Boubacar Keita.

Sous la menace de sanctions à la suite de ce putsch, Goita avait promis d’organiser des élections présidentielles et législatives et de rétablir un régime civil d’ici février 2022.

Mais il a organisé de facto un deuxième coup d’État en mai 2021, forçant un gouvernement civil intérimaire et perturbant le calendrier de restauration de la démocratie.

Goita s’est également déclaré président par intérim.

Son gouvernement a fait valoir que l’insécurité endémique au Mali l’empêche d’organiser des élections sûres d’ici la fin février.

(AFP)

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