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Ouattara de Côte d’Ivoire lance une attaque verbale contre des rivaux présidentiels interdits

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Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, a qualifié les tentatives de deux rivaux de se présenter aux élections présidentielles du mois prochain de “provocation” et a déclaré que l’un d’entre eux était derrière les barreaux.

Dans une interview publiée jeudi par le magazine français Paris Match, l’actuel sortant de 78 ans a tiré un coup franc verbal sur l’ancien président Laurent Gbagbo et l’ancien chef rebelle Guillaume Soro.

Les deux hommes vivent à l’extérieur du pays mais conservent un soutien puissant chez eux, dans un pays encore marqué par un conflit post-électoral qui a fait plus de 3000 morts il y a près de dix ans.

La cour suprême ivoirienne, le Conseil constitutionnel, a rejeté leurs offres de participation au scrutin du 31 octobre au motif qu’elles avaient été jugées et condamnées par contumace.

“Soro, comme Gbagbo, a été exclu parce qu’il a un casier judiciaire”, a déclaré Ouattara.

“Chacun d’eux est parfaitement conscient que ses candidatures sont fondées sur la provocation … Guillaume Soro ne mérite pas d’être en campagne électorale mais en prison”, a-t-il déclaré.

“Ce jeune homme, ivre d’argent et de pouvoir, a tout simplement perdu la tête.”

“ De graves menaces à la paix ”

Ouattara et Gbagbo se sont battus pour le contrôle du pays après que Gbagbo ait perdu l’élection présidentielle de 2010 et ait refusé de céder les rênes. La violence qui en a résulté a fait 3 000 morts.

Ouattara a reçu une aide cruciale à l’époque de Soro, 47 ans, qui, sous la présidence qui a suivi Ouattara, a été nommé Premier ministre puis président du parlement, avant que les deux hommes ne se disputent l’année dernière.

Gbagbo, 75 ans, a été libéré sous condition par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye après avoir été innocenté en janvier 2019 de crimes contre l’humanité.

Il vit à Bruxelles dans l’attente du résultat d’un appel contre la décision de la CPI.

Sa candidature aux élections a été rejetée au motif qu’il avait été condamné à 20 ans de prison par un tribunal ivoirien en novembre dernier pour le pillage de la succursale locale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest pendant la crise post-électorale.

Soro, qui vit en France, s’est vu interdire de se présenter aux élections au motif d’une peine de 20 ans, également par contumace, pour détournement de fonds publics présumé prononcé en avril.

Trente-huit autres candidats ont été écartés par le Conseil constitutionnel, n’en laissant que quatre, dont celui d’Ouattara.

Sa candidature a déclenché des accusations selon lesquelles il cherchait à contourner les limites constitutionnelles des mandats présidentiels. Quinze personnes sont mortes dans des affrontements le mois dernier.

Ouattara, réélu en 2015, avait annoncé plus tôt cette année qu’il ne briguerait pas un troisième mandat.

Mais il a changé d’avis après que son successeur préféré, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, est décédé d’une crise cardiaque soudaine en juillet.

Il a fait valoir qu’une révision de la constitution en 2016 a ramené la limite de mandat à zéro – un point de vue soutenu par le Conseil constitutionnel mais qui a provoqué l’indignation de l’opposition du pays.

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) du pays a exprimé jeudi sa “profonde préoccupation” face à la situation à l’approche des élections “qui crée certainement les conditions de graves violations des droits de l’homme et constitue de graves menaces pour la paix sociale”.

Après avoir rencontré les principaux candidats de l’opposition et le parti au pouvoir ces derniers jours, la CNDH a appelé dans un communiqué toutes les forces politiques du pays à prendre des mesures pour garantir les libertés publiques, et à entamer un “dialogue inclusif pour trouver des solutions durables”.

Il a également demandé l’ouverture d’enquêtes sur “les allégations de violence constituant des violations des droits de l’homme”.

(AFP)

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