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Le politicien malien enlevé Soumaila Cissé libéré après la libération de 100 prisonniers

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L’éminent politicien malien Soumaila Cissé, qui a été enlevé par des hommes armés non identifiés en mars, a été libéré mercredi après que le Mali ait libéré plus de 100 djihadistes présumés ou condamnés dans le cadre des négociations pour obtenir sa libération.

Le Mali a également libéré les prisonniers dans l’espoir d’obtenir la libération de Sophie Pétronin, une travailleuse humanitaire française enlevée par des hommes armés en décembre 2016 dans la ville de Gao, dans le nord du pays.

“Dans le cadre des négociations pour obtenir la libération de Soumaila Cissé et Sophie Pétronin, plus d’une centaine de prisonniers djihadistes ont été libérés ce week-end”, a déclaré à l’AFP l’un des responsables des négociations, qui a demandé à ne pas être nommé.

Un responsable des services de sécurité a confirmé l’information, selon l’AFP. Les prisonniers ont été libérés dans la région centrale de Niono et à Tessalit dans le nord après leur arrivée par avion, a indiqué le responsable.

Un législateur de Tessalit, qui a également demandé l’anonymat, a confirmé à l’AFP qu’un “grand nombre de prisonniers djihadistes” y sont arrivés dimanche.

Pétronin, qui a été vue pour la dernière fois dans une vidéo de juin 2018, n’a pas encore été publiée.

Ancien chef de l’opposition

Cissé est un ancien chef de l’opposition, ministre des Finances et triple candidat à la présidentielle au Mali. Il a été arrêté le 25 mars de cette année alors qu’il faisait campagne dans sa région natale de Niafounké quelques jours à peine avant des élections législatives longtemps retardées.

Le lendemain matin, le porte-parole de l’URD, Demba Traoré, a déclaré aux journalistes que Cissé voyageait avec un groupe de 12 personnes sur deux jeeps lorsque des hommes armés non identifiés les ont emmenés.

Les circonstances de sa disparition restent floues.

Cinq personnes ont été libérées jeudi matin, a déclaré Traoré, ajoutant que deux du groupe libéré avaient été blessés. L’un est décédé plus tard.

“Lors de l’enlèvement, il y a eu des tirs”, a-t-il dit, expliquant que le garde du corps de Cissé avait été touché.

Des jihadistes affiliés à Al-Qaïda étaient actifs dans la zone où Cissé et son équipe ont disparu.

«Toutes les dispositions sont prises pour retrouver les personnes disparues et les rendre à leurs familles», a déclaré le gouvernement malien dans un communiqué, qualifiant la disparition d’un enlèvement.

Olivier Salgado, le porte-parole de la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Mali, a déclaré que les Nations Unies avaient déployé un hélicoptère pour rechercher le politicien disparu et ses associés.

L’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Bart Ouvry, a tweeté que la disparition de Cissé était préoccupante.

Rejette le second tour du scrutin présidentiel

En août 2018, Cissé a rejeté l’annonce selon laquelle le président désormais déchu Ibrahim Boubacar Keita avait remporté un second tour de scrutin présidentiel, affirmant qu’il déposerait une plainte pour fraude auprès de la Cour constitutionnelle du Mali.

Cissé a tenu une conférence de presse pour déclarer que selon les résultats de son parti, il avait remporté le second tour avec 51,75% des voix contre 48,25% de Keita.

“Je rejette les résultats proclamés par le ministère de l’Administration territoriale qui ne reflètent pas le vote des Maliens”, a déclaré Cissé.

Le ministère avait déclaré que Keita avait remporté un deuxième mandat de cinq ans, recueillant plus de 67% des voix contre 32% de Cissé.

Les observateurs de l’Union européenne ont déclaré qu’il y avait eu des irrégularités lors du vote mais n’ont pas dit qu’il y avait eu fraude.

Après la déclaration du ministère, Keita a reçu les félicitations du président français Emmanuel Macron, dont l’armée s’est engagée au Mali dans la lutte contre l’extrémisme.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a également appelé le président sortant pour le féliciter. L’ONU compte plus de 10 000 soldats de la paix au Mali.

Insurrection de huit ans

En 2012, le nord du Mali est tombé sous le contrôle de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda qui ont exploité un soulèvement rebelle ethnique dirigé par les Touareg, bien que les islamistes aient été largement évincés par une opération militaire dirigée par la France en janvier 2013.

Depuis lors, les djihadistes ont continué à lancer de nombreuses attaques contre les civils et l’armée, ainsi que contre les forces françaises et des Nations Unies stationnées là-bas.

Soutenu par la France et les Casques bleus de l’ONU, le Mali est toujours aux prises avec son insurrection islamiste de huit ans qui a fait des milliers de morts.

Une junte militaire a renversé l’ancien président Keita en août, avant de prendre la direction de la nation ouest-africaine.

(FRANCE 24 avec AFP et AP)

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