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Des observateurs africains affirment que les élections en Guinée se sont déroulées correctement, l’opposition dénonce la fraude

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Les observateurs africains ont déclaré mardi que l’élection du week-end en Guinée s’était déroulée correctement, mais l’opposition politique à l’actuel Alpha Condé, qui a déjà revendiqué la victoire, l’a qualifiée de frauduleuse.

Les résultats préliminaires de quatre des 38 circonscriptions électorales du pays publiés par le chef de la commission électorale Kabinet Cissé mardi soir ont montré une forte avance pour Condé sur son principal challenger Cellou Dalein Diallo, qui avait remporté la victoire lundi.

Dans trois des quatre districts, Condé a obtenu plus que les 50% nécessaires pour éviter un second tour de scrutin, même si un responsable de la commission électorale a déclaré à l’AFP qu’il était “impossible d’extrapoler” au résultat national final, attendu plus tard cette semaine.

“Alpha Condé fait tout son possible pour changer les résultats des urnes en sa faveur”, avait précédemment déclaré le directeur de campagne de Diallo, Fode Oussou Fofana, aux journalistes de la capitale Conakry.

La campagne de l’opposition a préparé le terrain pour un conflit électoral, Fofana accusant le gouvernement de “fraude à grande échelle” en comptant les bulletins de vote du scrutin très disputé du 18 octobre.

Condé, 82 ans, est à la recherche d’un troisième mandat présidentiel controversé, une décision qui a déclenché des mois de troubles meurtriers dans la nation ouest-africaine.

Mais plus tôt mardi, les observateurs des blocs régionaux africains ont déclaré que le vote était généralement juste.

Augustin Matata Ponyo, chef de la mission de l’Union africaine en Guinée, a déclaré que le scrutin s’est déroulé “dans la transparence”. Le chef de la mission de suivi de la CEDEAO en Afrique de l’Ouest a également déclaré que le vote était légal.

Les célébrations à Conakry de la victoire autoproclamée de Diallo se sont rapidement transformées en violents affrontements avec les forces de sécurité, au cours desquels plusieurs jeunes ont été abattus, ont déclaré des responsables de l’opposition.

L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer indépendamment les décès, mais un journaliste de l’AFP a vu trois personnes blessées et entendu des coups de feu dans une banlieue de Conakry lundi soir.

Pendant ce temps, en réponse apparente à la victoire autoproclamée de Diallo, les forces de sécurité vêtues d’un équipement anti-émeute ont encerclé sa maison dans la capitale. Il a tweeté qu’il était piégé à l’intérieur.

‘Irresponsable et dangereux’

Les forces de sécurité ont tué des dizaines de personnes lors de manifestations qui ont débuté en octobre de l’année dernière contre un troisième mandat de Condé.

Bien que le jour du scrutin ait été plutôt calme, la victoire électorale autoproclamée de Diallo a fait monter les tensions dans l’ancienne colonie française de 13 millions d’habitants.

Le gouvernement insiste sur le fait que le vote a été juste et que seule l’autorité électorale officielle peut déclarer les résultats.

Le parti RPG de Condé a également qualifié la décision de Diallo de “irresponsable et dangereuse” lundi.

La communauté internationale s’est également déclarée préoccupée. Les Nations Unies, l’Union africaine et la CEDEAO, qui compte 15 pays, ont qualifié la déclaration prématurée de résultats de “regrettable”, dans une déclaration commune lundi.

“Cet état de fait n’est pas propice à la préservation du calme”, ​​indique le communiqué.

Mais mardi, le directeur de la communication du parti UFDG de Diallo, Ousmane Gaoual Diallo, a déclaré que la propre analyse du parti des données de vote collectées auprès des stations individuelles montrait que le chef de l’opposition avait remporté plus de 50% des voix.

Les rapports officiels des bureaux de vote envoyés à l’autorité électorale sont “complètement différents” des résultats réels, a-t-il déclaré à l’AFP.

Douze candidats sont en lice pour la présidence, mais Condé et Diallo sont en tête.

‘Le chaos’

Le gouvernement guinéen a déclaré lundi dans un communiqué que l’opposition “avait clairement l’intention de créer le chaos et de remettre en cause les résultats réels”.

Une grande partie de l’opposition profonde à Condé provient de sa candidature pour un troisième mandat.

Il a fait adopter une nouvelle constitution en mars qui, selon lui, moderniserait le pays. Mais cela lui a également permis de contourner une limite de deux mandats pour les présidents.

Après des décennies en tant que militant de l’opposition, Condé est devenu le premier président démocratiquement élu de Guinée en 2010 et il a de nouveau gagné en 2015.

Les groupes de défense des droits de l’homme l’accusent maintenant de virer vers l’autoritarisme, cependant.

Diallo était autrefois Premier ministre sous le leader autoritaire Lansana Conte.

Il a défié Condé sans succès en 2010 et 2015, lors d’élections dont les militants de son parti sont convaincus qu’ils ont été truqués.

Deuxième tour

Une campagne politique acrimonieuse à l’approche du vote a vu Condé et Diallo des insultes commerciales, ainsi que des incidents violents dans certaines régions du pays.

La campagne a également soulevé le spectre des conflits ethniques, Condé étant accusé d’exploiter les divisions à des fins électorales – une accusation qu’il nie.

La politique de la Guinée est principalement basée sur des lignes ethniques: la base du président est principalement de la communauté ethnique malinké et celle de Diallo du peuple peul.

Un deuxième tour de scrutin, si nécessaire, est prévu le 24 novembre.

(FRANCE 24 avec AFP)

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