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Le parlement de la RD Congo évince le président pro-Kabila, confirmant le changement de pouvoir

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La chambre basse du Parlement de la République démocratique du Congo a voté jeudi la révocation de son président, offrant au président Félix Tshisekedi une victoire majeure dans sa lutte pour le pouvoir avec son prédécesseur Joseph Kabila.

Le vote a été une démonstration de force de la part des alliés de Tshisekedi, qui pourraient avoir suffisamment de soutien pour former une nouvelle majorité au Parlement et faire tomber le gouvernement du Premier ministre, dominé par les loyalistes de Kabila.

L’Assemblée nationale a voté par 281 voix contre 200 pour destituer la présidente Jeanine Mabunda, une proche alliée de Kabila, l’accusant de leadership “conflictuel et partisan” et de ne pas être transparente sur sa gestion des finances de l’institution.

Au cours d’un débat tumultueux qui a duré des heures, Mabunda a nié les accusations portées contre elle et s’est excusée pour tout malentendu.

Des acclamations, des câlins et des danses ont éclaté parmi les législateurs lorsqu’il était clair que la motion avait été adoptée, avant que le décompte ne soit terminé.

Tshisekedi était un opposant de longue date à Kabila, qui a gouverné de 2001 à janvier 2019. Il a remporté le poste en battant le successeur choisi par Kabila aux élections de 2018, même si des observateurs indépendants, y compris des évêques catholiques, ont déclaré qu’un autre candidat de l’opposition avait gagné.

Mais le Front commun pour le Congo (FCC) de Kabila a remporté les majorités parlementaires lors de la même élection avec plus de 60% des sièges, forçant Tshisekedi à entrer en coalition avec lui.

L’arrangement maladroit a frustré Tshisekedi alors qu’il tente de poursuivre un programme qui comprend la lutte contre la violence armée dans l’est riche en minéraux, la réforme du système judiciaire et l’obtention du soutien financier du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Après près de deux ans à essayer de réduire le pouvoir de Kabila, Tshisekedi a entamé le mois dernier des pourparlers avec des dirigeants politiques, religieux et de la société civile. Dimanche, il a annoncé qu’il agirait pour mettre fin à la coalition avec le FCC.

La création d’une nouvelle majorité parlementaire pourrait se heurter à des obstacles juridiques, bien que Tshisekedi puisse être en mesure d’exercer son influence accrue sur la cour constitutionnelle depuis la nomination de trois juges en octobre.

“C’est évidemment un grand moment parce que la FCC est sur les cordes”, a déclaré Sarah Wolters, chercheuse senior à l’Institut sud-africain des affaires internationales. “Cela signifie qu’il y a eu un changement progressif dans l’équilibre des pouvoirs.”

Avant le vote, le Parti Lumumbiste Unifié (PALU), qui est depuis longtemps allié à Kabila et compte plus d’une douzaine de sièges au parlement, est devenu le dernier parti à annoncer qu’il rejoindrait l ‘”Union Sacrée” de Tshisekedi.

(REUTERS)

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