News

Le Niger tient des élections historiques malgré les violences djihadistes

Publié le:

Les électeurs de l’État sahélien du Niger se rendront aux urnes dimanche pour une élection qui pourrait sceller la toute première passation de pouvoir pacifique du pays entre les présidents élus, malgré une insurrection jihadiste sanglante.

Le pays d’Afrique de l’Ouest a été chroniquement instable depuis son indépendance de la France il y a 60 ans, et est classé comme le pays le plus pauvre du monde selon l’indice de développement humain de l’ONU.

Environ 7,4 millions de personnes sont inscrites pour voter pour le scrutin à la présidence, qui coïncide avec les élections législatives.

Le président Mahamadou Issoufou, qui a été élu en 2011 après le dernier coup d’État du pays en 2010, démissionne volontairement après deux mandats de cinq ans.

Le favori dans le peloton de 30 personnes est son successeur désigné, Mohamed Bazoum, 60 ans, ancien ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

D’autres espoirs de premier plan sont deux anciens chefs d’État, Mahamane Ousmane, 70 ans, et Salou Djibo, 55 ans.

Le principal rival de Bazoum, l’ancien Premier ministre Hama Amadou, 70 ans, a été empêché le mois dernier de contester le vote au motif qu’en 2017, il s’est vu infliger une peine de 12 mois pour trafic présumé de bébés – une accusation qu’il qualifie de bidon.

La campagne a été éclipsée par la question de la sécurité.

Le Niger est battu par les djihadistes sur deux fronts – sur sa frontière sud-ouest avec le Mali et sa frontière sud-est avec le Nigéria.

Quatre mille personnes au Burkina Faso, au Mali et au Niger sont mortes l’année dernière des violences djihadistes et des effusions de sang ethniques provoquées par les islamistes, selon l’ONU.

Au Niger même, des centaines de personnes sont mortes au cours des cinq dernières années et des centaines de milliers ont fui leurs maisons.

L’économie, déjà fragile, a subi des coups dévastateurs.

Environ 42% de la population vivait l’année dernière avec moins de 1,90 dollar (1,56 euros) par jour, selon la Banque mondiale, tandis que près d’un cinquième de sa population croissante de 23 millions d’habitants dépendait de l’aide alimentaire.

Lundi, sept soldats et 11 djihadistes présumés sont morts dans une embuscade dans la région sud-ouest de Tillaberi, a annoncé jeudi le gouvernement.

Le 12 décembre, 34 villageois ont été massacrés à Toumour, dans la région sud-est de Diffa, à la veille d’élections municipales et régionales qui avaient été reportées à plusieurs reprises en raison de l’insécurité.

L’armée a été massivement déployée pour le vote de dimanche, selon les autorités.

“Des attaques sporadiques n’empêcheront pas le déroulement des élections”, a déclaré jeudi un porte-parole. L’attaque de Toumour a déclenché une période de deuil national de trois jours, mais les élections du lendemain se sont déroulées sans heurts, selon des responsables.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page