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Les électeurs se rendent aux urnes en République centrafricaine en difficulté

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Le vote a commencé dimanche lors des élections présidentielles et législatives en République centrafricaine, lors d’un test clé pour l’une des nations les plus troublées du monde.

Les scrutins ont lieu après une semaine de turbulences, marquée par des accusations de tentative de coup d’État, la brève prise de possession de la quatrième ville de la RCA et l’envoi de personnel militaire par la Russie et le Rwanda pour aider son gouvernement assiégé.

Des soldats de la paix de l’ONU et des soldats locaux et rwandais patrouillaient dans les rues de la capitale, avec des véhicules blindés postés à l’extérieur des bureaux de vote armés de mitrailleuses, ont vu les journalistes de l’AFP.

Il y a eu un retard d’environ 50 minutes avant l’ouverture de certains bureaux de vote à Bangui car le matériel de vote n’avait pas été livré à temps.

“C’est très important pour moi d’être ici, en tant que citoyen. Je pense que ce vote va changer notre pays, quel que soit le président”, a déclaré l’enseignante Hortense Reine devant un bureau de vote du lycée de Boganda à l’est de la ville, où environ 30 les gens faisaient la queue.

Des hauts responsables de l’autorité organisatrice des élections ont déclaré à l’AFP que lorsque les bureaux de vote avaient ouvert tardivement, le vote se poursuivrait pendant 50 minutes supplémentaires.

Questions sur la légitimité

Le favori pour la présidence est le sortant Faustin Archange Touadera, élu en 2016.

Le pays riche en minéraux, mais frappé par la pauvreté, est chroniquement instable depuis l’indépendance il y a 60 ans.

Des milliers de personnes sont mortes depuis qu’une guerre civile a éclaté en 2013 et plus d’un quart de la population de 4,9 millions d’habitants a fui leur foyer. Sur ce nombre, 675 000 sont des réfugiés dans les pays voisins et ne peuvent pas voter.

Même si l’effusion de sang a diminué d’intensité au cours des deux dernières années, la violence reste chronique. Les groupes de la milice dominent les deux tiers du territoire, suscitant des craintes d’intimidation qui pourraient également affecter le taux de participation.

Les experts et les personnalités de l’opposition ont déjà demandé quelle légitimité auront le président et les 140 députés à élire, compte tenu des obstacles à une forte proportion de personnes en dehors de Bangui qui voteront librement.

Le 19 décembre, le gouvernement a accusé des groupes armés de s’être regroupés et d’avancer sur la capitale Bangui dans un complot prétendument fomenté par l’ancien président déchu François Bozize, une accusation qu’il nie.

Les craintes concernant les rebelles ont balayé la ville dans les jours suivants, bien que la force de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSCA, ait déclaré que leur avance avait été arrêtée.

“Il y a des risques pour la sécurité autour des élections, mais j’irai voter”, a déclaré jeudi Lionel Fotot, 29 ans, alors qu’il allait chercher sa carte d’électeur dans une école de Bangui.

«Comment votons-nous?

D’autres se sont toutefois montrés moins optimistes, des combats sporadiques risquant de saper le vote.

“Tout le monde fuit en ce moment. Je suis enfermé chez moi”, a déclaré à l’AFP Robert, de Boali, à 80 kilomètres au nord de Bangui, des explosions audibles en arrière-plan.

“Comment voter alors que nous n’avons même pas nos cartes d’électeur”, at-il ajouté.

La coalition rebelle a annoncé mercredi un “cessez-le-feu unilatéral” de 72 heures à l’approche du vote, pour l’annuler vendredi.

Dans un communiqué authentifié par deux de ses six membres, la coalition a indiqué qu’elle reprendrait sa marche sur la capitale.

Mardi, la quatrième plus grande ville de la RCA, Bambari, à 380 km au nord-est de Bangui, a été envahie par un groupe armé appelé Unité pour la paix en Afrique centrale (UPC).

Les forces de sécurité appuyées par les Casques bleus de l’ONU ont repris le contrôle le lendemain.

Seize candidats se disputent la présidence.

Le principal rival de Touadera est Anicet Georges Dologuele, économiste et ancien Premier ministre.

Il est soutenu par Bozize après que sa propre candidature a été interdite par le plus haut tribunal de la RCA pour être sur une liste de personnes recherchées en 2014 et sous les sanctions de l’ONU.

Un second tour de scrutin aura lieu le 14 février s’il n’y a pas de majorité globale au premier tour.

Environ 1 500 candidats se disputent les 140 sièges de l’Assemblée nationale, mais beaucoup n’ont pas pu faire campagne en raison de l’insécurité.

(AFP)

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