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Des groupes d’opposition demandent la suppression des élections

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Une puissante coalition d’opposition en République centrafricaine a appelé mercredi à “l’annulation pure et simple” des élections du week-end qui ont été gravement entravées par les groupes armés.

Plus d’un tiers des districts du pays en difficulté n’ont pas pris part au premier tour de scrutin de dimanche pour la présidence et l’Assemblée nationale, selon les chiffres officiels.

Dans un communiqué, la Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020), une alliance de groupes politiques et autres dans ce pays enclin au coup d’État, a déclaré que les élections “n’étaient pas justes et inclusives et ne sont en aucun cas l’expression de la volonté du peuple”.

Condamnant une “farce électorale”, il a fait état d’un bourrage de scrutin généralisé et s’est plaint du manque d’observateurs dans les régions reculées du pays riche en minéraux mais pauvre.

Les élections jumelles, que le gouvernement a qualifiées mardi de “crédibles, engagées et populaires”, ont été considérées comme un test de stabilité clé pour la RCA.

La nation enclavée, l’une des plus pauvres du monde, a connu une série de coups d’État et de guerres depuis son indépendance de la France en 1960.

En 2013, il a de nouveau dégénéré en effusion de sang lorsque le président de l’époque, François Bozize, qui avait lui-même pris le pouvoir une décennie plus tôt, a été renversé par une coalition majoritairement musulmane appelée Séléka.

Le favori dans le peloton de 16 candidats à la présidence est le sortant, Faustin Archange Touadera, élu en 2016 après une transition mouvementée après le coup d’État.

Mais son gouvernement ne contrôle qu’environ un tiers du pays, les milices issues du conflit en 2013 contrôlant les deux autres tiers du territoire.

Le gouvernement a accusé le 19 décembre Bozize d’avoir fomenté un coup d’État avec plusieurs groupes armés qui, selon lui, avançaient sur la capitale, une accusation que Bozize nie.

Les craintes concernant les rebelles ont balayé la ville dans les jours suivants, bien que la force de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSCA, ait déclaré que l’avancée avait été interrompue.

Dans de nombreuses régions, des groupes de miliciens ont entravé l’organisation des élections et intimidé les électeurs, selon des dirigeants locaux et des travailleurs de l’ONU qui ont demandé à ne pas être nommés.

En outre, des milliers de personnes ont été empêchées de voter ou n’ont jamais reçu leur carte de vote en raison du manque de sécurité.

‘Élections partielles’

Le vote n’a pas eu lieu dans 29 des 71 sous-préfectures du pays (sous-divisions des grands districts administratifs), a déclaré lundi le ministre de l’administration territoriale Augustin Yangana-Yahote aux journalistes.

Six autres sous-préfectures n’ont réussi qu’un vote partiel, a déclaré à l’AFP Théophile Momokoama, le rapporteur général de l’Autorité électorale nationale (ANE).

L’ONU affirme que de nombreux bureaux de vote ont réussi à ouvrir, mais ensuite rapidement fermés ou sont restés vides en raison de l’intimidation des électeurs.

Lors d’une conférence de presse mardi, des observateurs d’organisations internationales, principalement des 11 pays de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) dont la RCA est membre, ont exprimé leur satisfaction pour les élections.

Mais Thierry Vircoulon, chercheur à l’Institut français des relations internationales (IFRI), a déclaré: “Ce sont des élections partielles, elles ne sont pas crédibles et ne répondent pas aux normes internationales”.

Le décompte des voix devrait prendre trois semaines car les bulletins de vote doivent être transportés à Bangui en raison de l’insécurité.

Semaines avant les résultats

Les résultats provisoires sont attendus à partir du 4 janvier, mais aucun résultat final n’est attendu avant le 18 janvier. Un second tour aura lieu le 14 février s’il n’y a pas de vainqueur absolu au premier tour.

La victoire électorale de Touadera en 2015-16 a été déclarée après une période tout aussi longue marquée par des allégations de disparition des bulletins de vote et d’autres irrégularités.

COD-2020 avait déjà appelé le 19 décembre à l’annulation des élections.

Nathalia Dukhan, spécialiste de la RCA avec une ONG américaine appelée The Sentry, a déclaré que la fraude électorale lors du vote de 2015-16 “était tolérée et donc légitimée” – elle était considérée comme le prix à payer pour consolider la paix après la guerre civile.

“Mais aujourd’hui, c’est toute l’opposition politique qui condamne le trucage massif”, a-t-elle déclaré.

Le porte-parole du gouvernement, Ange Maxime Kazagui, a ignoré mardi les opposants, insistant sur le fait que le peuple centrafricain “a montré sa ferme volonté d’aller voter, malgré les dangers”.

“Le vote a eu lieu dans les 16 préfectures de la RCA. Huit cents bureaux de vote sur 5 408 n’ont pas été ouverts. Cela signifie que 85% des bureaux de vote étaient ouverts au public”, a-t-il dit.

(AFP)

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