News

Les dirigeants ouest-africains organiseront un sommet sur le Mali après le deuxième coup d’État de la junte

Publié le:

Les dirigeants ouest-africains se réuniront dimanche au Ghana pour discuter d’une réponse au deuxième coup d’État du Mali en neuf mois, en présence du nouveau président, le colonel Assimi Goita.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a invité Goita à se rendre dans la capitale du Ghana, Accra, pour des “consultations” en vue d’un sommet extraordinaire dimanche consacré au Mali, selon une lettre du bloc de 15 nations vue par l’AFP.

Il s’est envolé pour Accra samedi, ont indiqué des sources militaires et aéroportuaires.

Dans un communiqué sur Facebook, le bureau de la présidence malienne a déclaré que Goita “participerait aux côtés de ses homologues de la sous-région”.

Il avait occupé le poste de vice-président depuis la direction d’un coup d’État en août dernier qui avait évincé le président démocratiquement élu, les rôles de président et de Premier ministre étant détenus par des civils après la pression de la CEDEAO, qui a servi de médiateur.

Cependant, lundi, des soldats ont arrêté le président de transition Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane, les libérant jeudi en disant qu’ils avaient démissionné.

Ces deux arrestations ont déclenché un tollé diplomatique et marqué le deuxième coup d’État apparent en moins d’un an dans le pays du Sahel.

La Cour constitutionnelle du Mali a achevé la montée au pouvoir de Goita vendredi en le nommant président de transition.

La junte revenant sur son engagement précédent envers les dirigeants politiques civils, des doutes ont été émis quant à ses autres engagements, notamment la tenue d’élections au début de 2020.

La junte a déclaré cette semaine qu’elle continuerait à respecter ce calendrier, mais a ajouté qu’il pourrait être sujet à changement.

La Cour constitutionnelle a déclaré que Goita “exercerait les fonctions de président de transition pour mener le processus de transition à sa conclusion”.

Menace de sanctions

La CEDEAO, qui a prononcé des sanctions contre le Mali après le coup d’État d’août avant de les lever lors de la mise en place du gouvernement de transition, se réunira dimanche à partir de 14h00 (14h00 GMT) à Accra.

Le bloc des 15 nations a mis en garde contre la réintroduction de sanctions contre le pays, tout comme les États-Unis et l’ancienne puissance coloniale, la France.

Le dirigeant français Emmanuel Macron, lors d’une visite au Rwanda et en Afrique du Sud, a déclaré samedi qu’il avait déclaré aux dirigeants ouest-africains qu’ils ne pouvaient pas soutenir un pays “où il n’y a plus de légitimité démocratique ou de transition”.

La détention de Ndaw et Ouane est intervenue quelques heures après un remaniement gouvernemental qui aurait remplacé les ministres de la Défense et de la Sécurité, tous deux des officiers de l’armée impliqués dans le putsch d’août.

Vendredi, Goita a déclaré que l’armée n’avait pas eu d’autre choix que d’intervenir.

“Nous avons dû choisir entre désordre et cohésion au sein des forces de défense et de sécurité et nous avons choisi la cohésion”, a-t-il déclaré.

Goita a ajouté qu’il voulait nommer un Premier ministre du mouvement d’opposition M5 d’ici quelques jours.

Le M5 a été le fer de lance des manifestations contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita en 2020 qui ont fait monter la pression avant son éviction, mais il a été exclu des postes clés de l’administration post-coup d’État dominée par l’armée.

Un rapprochement avec le groupe pourrait servir à adoucir les critiques nationales et étrangères de l’armée.

Le Mali est régulièrement classé parmi les pays les plus pauvres du monde. Les sanctions précédentes de la CEDEAO ont été ressenties durement par le pays, qui est sous le choc de nombreuses crises, y compris une insurrection djihadiste acharnée.

(AFP)

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page