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La France demande “pardon” pour son abandon des harkis algériens

PARIS – Le président Emmanuel Macron, poursuivant sa tentative de résoudre certains des héritages coloniaux les plus douloureux de son pays, a demandé aujourd’hui “pardon” au nom de la France pour l’abandon des centaines de milliers d’Arabes algériens qui ont combattu aux côtés de la France en Algérie. guerre d’indépendance.

A la fin de la guerre de huit ans en 1962, les plus de 200 000 Algériens qui s’étaient rangés du côté de l’armée française ont été abandonnés à leur sort, alors que la France avait indiqué qu’elle prendrait soin d’eux. Beaucoup ont été torturés et massacrés par les autorités algériennes après une guerre caractérisée par une brutalité singulière.

La colère algérienne contre les « Harkis », comme on les appelle en France, était si profonde que même en 2000, lors d’une visite à Paris, l’ancien président algérien, Abdelaziz Bouteflika, les a comparés à des collaborateurs nazis.

Considérés comme des traîtres dans leur patrie, environ 90 000 Harkis ont réussi à fuir vers la France – tout comme environ 800 000 « Pieds-Noirs », Algériens français d’origine européenne – mais ils ont rencontré un accueil hostile. Ils étaient un rappel d’une guerre perdue. L’ancien président Charles de Gaulle, qui a mis fin à la guerre, les a méprisés. Etrangers indésirables, les Harkis étaient détenus dans des camps avec leurs familles, souvent dans des conditions épouvantables.

« Je demande pardon. Nous n’oublierons pas », a déclaré M. Macron lors d’une cérémonie à l’Élysée. La France a « failli à son devoir », a-t-il déclaré à environ 300 Harkis et leurs familles. « Je veux exprimer notre gratitude à nos combattants. »

Le président, qui doit faire face à des élections dans un peu plus de six mois, a déclaré que son gouvernement rédigerait une loi qui accorderait des « réparations » aux Harkis. Il s’agissait d’une reconnaissance formelle de la responsabilité de l’État, d’abord acceptée par le président précédent, François Hollande.

Les organisations Harki ont déclaré que seule une telle loi pourrait mettre fin à « 60 ans d’une certaine hypocrisie ».

M. Macron, 43 ans, est le premier président français né après la guerre d’indépendance algérienne. Il a pris plusieurs mesures pour faire la lumière tardivement sur un chapitre douloureux de l’histoire de France, notamment en reconnaissant le recours généralisé à la torture et le meurtre brutal d’un éminent avocat algérien, Ali Boumendjel. La France avait affirmé pendant des décennies qu’il s’était suicidé.

Mettant fin à 132 ans de colonisation française, la guerre d’Algérie, menée de 1954 à 1962, a fait un demi-million de morts selon les comptes français, et 1,5 million de morts selon l’Algérie. Il a divisé la France en factions violemment opposées qui ont menacé de déchirer le pays, avec des rumeurs d’un coup d’État militaire en 1958 et d’une tentative de coup d’État en 1961.

Un accord de paix est signé le 18 mars 1962 et approuvé à une écrasante majorité par les électeurs français, ouvrant la voie à l’indépendance algérienne.

Un rapport sur la guerre commandé par M. Macron a conduit à la création d’une Commission Mémoires et vérité, dans le but de panser certaines des blessures persistantes. Mais les appels de l’Algérie à des excuses françaises formelles n’ont pas été satisfaits. M. Macron a insisté sur le fait qu’il n’y aurait “pas de repentir, pas d’excuses”.

La demande de pardon frôlait le repentir, mais bien sûr elle s’adressait aux Algériens qui ont combattu aux côtés de la France.

Le 60e anniversaire de la fin de la guerre sera marqué en mars de l’année prochaine, un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle. M. Macron est déterminé à faire avancer sa quête de réconciliation franco-algérienne d’ici là, en partie pour parer au défi anti-immigré de Marine Le Pen. Les Harkis ont par le passé manifesté un fort soutien à son Rassemblement national de droite, anciennement le Front national.

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