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L’Éthiopie saisit 16 employés de l’ONU dans le cadre des efforts visant à mettre un terme à la guerre du Tigré

Seize membres du personnel des Nations Unies dans la capitale éthiopienne ont été arrêtés par les autorités du pays ces derniers jours, a déclaré mardi le porte-parole en chef de l’ONU, injectant une nouvelle tension dans les relations troublées de l’organisation avec le gouvernement alors qu’elle fait face à une guerre civile et à la famine vieilles d’un an.

Les détentions des membres du personnel dans la capitale, Addis-Abeba, comprenaient également un nombre indéterminé de leurs personnes à charge, a déclaré le porte-parole, Stéphane Dujarric. Aucune explication n’a été donnée quant aux raisons pour lesquelles ils avaient été détenus, a-t-il déclaré, et les Nations Unies demandaient leur libération immédiate.

La guerre civile, centrée dans la région agitée du nord du Tigré mais s’étendant ailleurs en Éthiopie, le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, a créé une énorme urgence humanitaire touchant 7 millions de personnes et plongeant des dizaines de milliers de personnes dans des conditions proches de la famine.

M. Dujarric a déclaré que tous les membres du personnel détenus étaient de nationalité éthiopienne mais qu’il ne pouvait pas préciser leur appartenance ethnique. Des reportages en provenance d’Éthiopie ont indiqué que de nombreux Éthiopiens d’origine ethnique tigréenne ont été arrêtés à Addis-Abeba depuis que le gouvernement central a déclaré l’état d’urgence la semaine dernière, alors que les rebelles tigréens menaçaient de marcher vers le sud en direction de la capitale.

Les tensions entre M. Guterres et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix 2019 dont l’héritage et l’avenir politique sont désormais menacés par les conflits, se sont intensifiées ces derniers mois. Ils ont pris une tournure très négative après que le gouvernement de M. Abiy a ordonné l’expulsion de sept hauts responsables des secours de l’ONU le 30 septembre, accusés d’ingérence dans les affaires de son pays.

Lorsqu’on lui a demandé si M. Guterres était encore plus frustré par la nouvelle des détentions, M. Dujarric a déclaré : « Le secrétaire général est frustré par le manque de capacité à aider les personnes dans le besoin.

Les responsables éthiopiens n’ont fait aucun commentaire immédiat sur les détentions. Un message laissé à l’ambassadeur d’Éthiopie aux Nations Unies, Taye Atske Selassie Amde, n’a pas été rendu.

M. Dujarric a signalé les détentions un jour après que le haut responsable des secours humanitaires des Nations Unies, Martin Griffiths, ait effectué une visite de quatre jours en Éthiopie, notamment dans la capitale de la région du Tigré, Mekelle.

Dans une déclaration publiée à l’issue de son voyage, M. Griffiths a déclaré qu’il avait eu des “discussions constructives” avec M. Abiy et son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen, sur “les défis auxquels les organisations d’aide sont confrontées pour obtenir de l’aide à tous Éthiopiens dans le besoin.

La nouvelle des détentions est également arrivée un jour après la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter du conflit, les 15 membres exhortant les opposants à résoudre leurs problèmes par le biais de négociations politiques.

La diplomatie visant à atteindre ce résultat s’est intensifiée ces derniers jours. L’envoyé des États-Unis dans la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, et un envoyé de l’Union africaine, Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigeria, ont eu des entretiens en Éthiopie.

M. Obasanjo a déclaré lundi au Conseil de sécurité que toutes les parties au conflit conviennent « individuellement que les différences entre elles sont politiques et nécessitent une solution politique par le dialogue ».

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